Vers un nouveau départ pour le dialogue social au Luxembourg ?

Dans le cadre d’un premier échange de vues portant sur les principaux dossiers d’actualité sociale et du travail, une délégation de l’Union des syndicats OGBL-LCGB, menée par ses coprésidents Nora Back et Patrick Dury, a rencontré le 7 janvier 2026 le nouveau ministre du Travail, Marc Spautz.

Après deux années marquées par un conflit social d’ampleur, déclenché notamment par des attaques injustifiées contre les conventions collectives, le droit de négociation des syndicats ainsi que la notion de représentativité syndicale, le dialogue social au Luxembourg a été durablement fragilisé. Dans ce contexte, la nomination de Marc Spautz au poste de ministre du Travail pourrait, dans un scénario constructif et optimiste, constituer une opportunité pour prendre un nouveau départ.

Lors de la rencontre avec le ministre, de nombreux dossiers importants ont été abordés, dont notamment :

  • l’organisation du temps de travail ;
  • la directive européenne relative aux salaires minimaux adéquats dans l’UE et le plan d’action visant à atteindre un taux de couverture de conventions collectives d’au moins 80% — objectif que l’Union des syndicats OGBL-LCGB considère comme central pour le renforcement du modèle social ;
  • la transposition de la directive européenne sur le travail de plateforme, où le Luxembourg accuse un retard préoccupant ;
  • la nécessité d’une réforme de la législation relative aux plans de maintien dans l’emploi et aux plans sociaux, afin de mieux protéger les salariés concernés.

 

Par ailleurs, plusieurs dossiers d’entreprises, en particulier, celui d’ArcelorMittal Luxembourg et le dossier Liberty Steel ont été évoqués, de même que l’état général du dialogue social, l’avenir du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE), ainsi que les élections sociales.

À l’issue de cette première réunion, un agenda prévoyant des réunions sur ces thèmes a déjà été établi – des réunions qui se dérouleront dans un premier temps dans un cadre bilatéral et non tripartite.

Enfin, le rôle et la participation des syndicats nationalement représentatifs au sein du CPTE ont également été abordés. La présence du syndicat de la fonction publique CGFP dans cet organe soulève en effet la question de la participation de l’OGBL et du LCGB – tous deux également représentatifs au niveau national — aux importantes négociations de la fonction publique, notamment dans le cadre de l’accord salarial. L’Union des syndicats OGBL-LCGB a clairement exprimé sa volonté de pouvoir participer à ces négociations dans un but d’égalité de traitement et de transparence, dans la mesure où celles-ci ont d’importantes répercussions sur des pans entier du secteur privé dans lesquels l’OGBL et le LCGB sont majoritaires. Si cela ne s’avérait pas être le cas, l’Union des syndicats OGBL-LCGB demande une réforme du cadre légal du CPTE, sans laquelle la crédibilité de cet important organisme serait fortement mise en cause.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB restera attentive aux actes concrets qui feront suite à ce premier échange et réaffirme son engagement visant à renforcer les droits des salariés, la négociation collective et un dialogue social réel, respectueux et équilibré.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 9 janvier 2026

Une réforme ratée à revoir d’urgence !

Le jour même du vote du projet de loi 8514 relatif à la réforme des pensions, les partenaires sociaux sont mis devant le fait accompli qu’il s’agit d’un projet bâclé qui pose de nombreux problèmes d’implémentation pratique au niveau de la CNAP. Ainsi, l’Union des syndicats OGBL-LCGB demande au Gouvernement de procéder d’urgence aux amendements législatifs qui s’imposent !

Pour mémoire, les syndicats ont dénoncé dès le début la farce qu’était le processus de consultation « Schwätz mat ! ». Alors que toutes les parties prenantes s’étaient prononcées contre une prolongation forcée de la vie active, le Premier ministre a désavoué la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale en annonçant une augmentation progressive de 5 ans des départs en pension anticipée lors de sa déclaration sur l’état de la nation. Le 28 juin 2025, plus de 25.000 personnes ont notamment manifesté contre ce cavalier seul du Premier ministre. Alors que les rondes sociales du juillet et de septembre 2025 étaient censées trouver, entre autres, un compromis sur le contenu de la réforme des pensions, le Premier ministre a cru bien interrompre les discussions pour présenter les conclusions du Gouvernement.

Le résultat de ces manœuvres politiques se confirme dès à présent : une réforme irréfléchie, bâclée et surtout préparée sans véritable dialogue social avec les partenaires sociaux ni d’ailleurs une implication directe de l’administration qui doit la mettre en musique, à savoir la CNAP.

Le constat est scandaleux. Deux mesures du projet de réforme posent énormément de problèmes au niveau de sa mise en œuvre administrative :

  • le dispositif de l’augmentation progressive de 8 mois du départ en pension anticipée de 2026 à 2030 est trop flou pour permettre une application univoque ;
  • la pension progressive ne peut pas être mise en œuvre telle que prévue par le texte soumis au vote de la Chambre des Députés.

Ces problèmes ont aussi bien été soulevés dans l’avis de la Chambre des salariés que par un courrier du conseil d’administration de la CNAP à la Ministre. Leur réponse était aussi lapidaire que la manière dont la réforme a été gérée du début à la fin. La Ministre se limite à remercier le CA de la CNAP pour son engagement, puis ignore tout ce qui lui a été communiqué. La patate chaude pour corriger les défaillances de ce projet politique raté est ainsi relayée aux partenaires sociaux.

En ce qui concerne l’augmentation progressive de la durée active, le texte ne prévoit justement pas des conditions conjointes d’une carrière de 480 mois avec périodes cotisées et complémentaires et le fait d’avoir atteint l’âge de 60 ans. En effet, une personne ayant fait des études jusqu’à l’âge de 25 ans peut faire valoir 7 années d’études et aura donc atteint les 480 mois à l’âge de 58 ans. Légalement, il peut uniquement prétendre à sa pension anticipée dès l’âge de 60 ans. On pourrait donc déduire que cet assuré a déjà presté 24 mois cotisés supplémentaires. Pour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, aucune augmentation supplémentaire des périodes de cotisation n’est donc applicable pour cet assuré.

Pour ce qui est de la pension progressive, il ne s’agit pas d’une pension au sens du Code de la Sécurité sociale, mais une indemnité comparable à celle prévue par le Code du Travail dans le cadre de la préretraite progressive. Il en résulte que la CNAP se voit maintenant confiée des compétences liées au droit du travail et n’est techniquement pas en mesure de garantir le versement correct de cette indemnité tel que prévu par la réforme. De ce fait, les dépenses devraient être à charge de l’Etat et ne pas s’ajouter à d’autres dépenses similaires imposées à la CNAP.

La Ministre compétente en est bien consciente, mais préfère tout simplement ignorer ces problèmes pour maintenir l’illusion que le Gouvernement a mené à bien cette réforme.
Pour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, ceci est inacceptable ! Du début à la fin, ce projet de réforme constitue un mépris du dialogue social tripartite et du modèle de gestion tripartite de la CNAP. La Ministre fait en outre preuve d’un manque de respect de l’administration de la CNAP, des administrateurs de la CNAP et des partenaires sociaux.
La Ministre doit prendre ses responsabilités et procéder d’urgence aux amendements législatifs qui s’avèrent nécessaires pour introduire un véritable droit à une pension progressive !

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 18 décembre 2025

L’OGBL et le LCGB demandent un moratoire et une étude d’impact social

Le débat autour de l’extension des heures d’ouverture dans le commerce entre désormais dans une phase décisive. À l’heure où le projet de loi s’apprête à franchir l’étape du vote, l’OGBL et le LCGB estiment indispensable de marquer un temps d’arrêt. Avant de modifier en profondeur l’organisation du travail dans un secteur déjà fragilisé, il est essentiel de prendre la mesure des conséquences sociales qui en découleront. Or, à ce stade, aucune étude d’impact indépendante n’a été réalisée. Les travailleurs du commerce, parmi les moins bien rémunérés du pays et déjà soumis à des horaires difficiles, seraient pourtant les premiers à en ressentir les effets, aussi bien sur leur santé, leur vie familiale ou leur équilibre quotidien.

L’OGBL et le LCGB tiennent une nouvelle fois à attirer l’attention sur le fait que les employeurs eux-mêmes ne voient pas l’intérêt de cette réforme. L’extension des heures d’ouverture n’apportera en effet aucun gain économique tangible. Les coûts augmenteront, tout comme les contraintes organisationnelles, tandis que le risque d’une spirale concurrentielle poussera chaque commerce à s’aligner sur le premier qui décidera d’ouvrir plus tard. En d’autres termes, cette mesure entrainera une dynamique perdante-pour-tous, dictée non par un besoin réel mais par la peur de perdre du terrain.

Quant à l’argument selon lequel cette réforme répondrait à une demande pressante des consommateurs, ce dernier se heurte lui aussi à la réalité. Rien n’indique en effet que la majorité des consommateurs souhaitent faire leurs courses à des heures « extrêmes », et encore moins que cette pratique devienne la norme. Si l’on prétend que la société réclame des services disponibles jusqu’à 21h, comment expliquer alors qu’aucune administration publique ne soit invitée à suivre cette logique ? Le parallèle suffit à démontrer que l’argument ne repose pas sur une véritable analyse de besoins, mais sur une perception brouillée de ce que la modernité exigerait.

Face à ces zones d’ombre, l’OGBL et le LCGB demandent qu’un moratoire soit appliqué avant toute décision finale. Une étude d’impact social, indépendante et sérieuse, doit précéder toute réforme aux effets aussi profonds. L’OGBL et le LCGB appellent également à rétablir un dialogue social complet, ouvert et respectueux, impliquant toutes les organisations représentatives du salariat. Une société qui s’apprête à transformer l’organisation du travail doit pouvoir le faire de manière éclairée, transparente et équitable.

Afin de rendre visibles ces enjeux, une action symbolique sera organisée devant la Chambre des députés le 18 décembre, jour de la mise au vote du projet de loi en question. Cette action aura pour objectif de rappeler que derrière les horaires et les chiffres, il y a des vies réelles, des familles, des travailleurs qui méritent mieux qu’une réforme menée au pas de course.

L’OGBL et le LCGB souhaitent que le temps nécessaire soit pris pour choisir le modèle de société que nous souhaitons, ensemble. L’extension des heures d’ouverture ne peut pas se faire au détriment de celles et ceux qui font vivre le commerce au quotidien. La véritable modernité ne s’écrit pas contre les travailleurs, mais avec eux.

 

Communiqué par l’OGBL et le LCGB, le 11 décembre 2025

Réforme fiscale : L’OGBL et le LCGB saluent l’adaptation automatique du barème à l’inflation, mais demandent davantage de justice fiscale

L’Union des syndicats OGBL-LCGB a rencontré le 27 novembre 2025 le ministre des Finances afin d’échanger sur le projet d’introduction d’un barème d’imposition unique à partir de l’année 2028.

Lors de cette entrevue, le ministre a notamment annoncé sa volonté d’introduire, à partir de 2028, un mécanisme d’adaptation automatique du barème à l’inflation, basé sur les échéances des tranches indiciaires. Un tel mécanisme constitue une revendication de longue date de l’OGBL et du LCGB, puisqu’il permettrait d’éviter une augmentation de la pression fiscale supportée par les ménages suite à l’application d’une tranche d’index.

La création d’un barème d’imposition unique, basé sur celui de la classe d’imposition actuelle 1a, entraînera une baisse d’impôts pour la majorité des contribuables — ce qui est évidemment à saluer.

Une période transitoire de 25 ans est prévue pour les personnes susceptibles d’être perdantes (notamment les ménages à un seul revenu actuellement imposés en classe 2), qui resteront ainsi dans le système actuel pendant cette période.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB salue l’extension de cette période transitoire à 25 ans — contre 20 ans annoncés initialement — mais considère que cette prolongation reste insuffisante et qu’elle devrait être maintenue sans limite dans le temps.

L’Union des syndicats salue également l’annonce du ministre d’augmenter certains montants liés aux dépenses spéciales ainsi que le crédit d’impôt monoparental. Elle insiste toutefois sur la nécessité d’augmenter parallèlement les crédits d’impôt pour salariés et pensionnés, plus justes socialement, et d’adapter les seuils d’éligibilité permettant d’en bénéficier.

Par ailleurs, l’Union des syndicats OGBL-LCGB estime que le nouveau barème risque de renforcer le phénomène du « Mëttelstandsbockel », à savoir une progressivité particulièrement forte pour les revenus moyens. Afin d’assurer une imposition plus équitable, l’OGBL et le LCGB demandent un aplatissement de cette « bosse » fiscale et une taxation plus conséquente des hauts revenus.

Suivant les annonces du ministre, la réforme serait partiellement financée par la non-adaptation du barème à l’inflation au cours des prochaines années.

Ce financement équivaut donc à une augmentation de la charge fiscale pesant sur les ménages, alors qu’une nouvelle baisse de l’imposition des collectivités est prévue pour 2027. Dans un contexte où les recettes provenant de l’imposition des ménages dépassent déjà largement celles provenant de l’imposition des entreprises, une telle baisse est fermement rejetée par l’Union des syndicats OGBL-LCGB.

De manière générale, le projet ne corrige pas les inégalités fiscales structurelles inhérentes au régime actuel. L’Union des syndicats OGBL-LCGB demande ainsi une réforme structurelle visant à imposer de manière plus conséquente les hauts revenus, ainsi que le patrimoine et les revenus du capital, actuellement largement privilégiés par rapport aux revenus provenant d’une activité salariée ou d’une pension.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 28 novembre 2025

 

Le système de santé est un bien commun et doit rester accessible à tous

Le projet du gouvernement d’autoriser la création de sociétés de médecins, la décision de l’AMMD de renoncer à la convention qui lie les médecins à la CNS ainsi que les discussions politiques autour dudit « extra-hospitalier » risquent de mettre davantage sous pression le système de santé public et solidaire.

Face à ces récentes évolutions, l’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois (FHL) se sont rencontrées le 17 novembre 2025 dans le cadre d’un échange de vues sur la situation. Les deux parties convergent largement dans leurs analyses et insistent sur le maintien des fondements de notre système de santé — un système qui doit assurément continuer à être renforcé, mais qui n’en demeure pas moins l’un des meilleurs au monde.

Dans le contexte actuel, la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois et l’Union des syndicats OGBL-LCGB tiennent ainsi à réaffirmer leur engagement en faveur d’un système de santé public fort, basé sur la solidarité et l’équité, dont l’accès doit continuer à être garanti pour tous. Afin de préserver ce système, les deux parties plaident avant tout en faveur d’une politique ambitieuse permettant de faire enfin face au manque de main-d’œuvre grandissant dans le secteur, qui constitue actuellement le plus grand défi auquel le système de santé fait face.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois expriment ensuite leur opposition catégorique à toute commercialisation et/ou marchandisation de la médecine et du système de santé, qui doit demeurer un bien commun et non servir à enrichir des intérêts privés, au détriment du plus grand nombre. Dans ce contexte, les deux parties revendiquent le maintien du conventionnement des médecins au Luxembourg.

Dans le même ordre d’idées, la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois et l’Union des syndicats OGBL-LCGB plaident toutes deux pour le développement d’antennes ambulatoires décentralisées à travers le pays, mais reliées organiquement à des établissements hospitaliers.

Enfin, l’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois revendiquent l’application inconditionnelle de la convention collective FHL à tous les salariés occupés dans le secteur hospitalier, qu’il s’agisse d’établissements hospitaliers à proprement parler ou de structures décentralisées.

Le Luxembourg n’a pas besoin d’une médecine de luxe réservée à quelques-uns, mais d’un système de santé solidaire, universel et équitable, au service de tous.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois, le 18 novembre 2025

Kee Profit mat eiser Gesondheet!

Le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale a annoncé récemment son intention d’ouvrir complètement les soins ambulatoires au secteur extrahospitalier et de créer un cadre légal pour les « sociétés de médecins ».

Sous couvert d’« efficacité » et de « modernisation », cette réforme marque en réalité un tournant dangereux : l’ouverture du système de santé luxembourgeois à la logique du profit.

Derrière le langage technocratique se cache une réalité limpide : des structures purement privées à but lucratif pourront prochainement prester et facturer des actes médicaux jusqu’alors réservés au milieu hospitalier.

C’est une décision politique lourde de conséquences, qui aligne le gouvernement sur les revendications de l’AMMD, poussées par le déconventionnement lancées fin octobre 2025, et ouvre la porte à une marchandisation progressive de la santé.

Plutôt que de défendre l’intérêt général et de mettre en place une vraie stratégie par rapport aux besoins sanitaires de la population, le gouvernement semble tout simplement céder au lobby médical

Sous prétexte de vouloir « moderniser » le système, le gouvernement cherche surtout à créer un marché de la santé, où la rentabilité prime sur la solidarité, et où le patient devient un client-payeur.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB s’y oppose catégoriquement !

Notre système repose sur un principe fondamental : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Or, ce principe est incompatible avec la création de sociétés de médecins visant à dégager des profits sur des prestations financées collectivement, ou bien avec le déconventionnement des médecins et leur droit à l’autotarification revendiquée par l’AMMD.

Derrière cette réforme gouvernementale et ces revendications de l’AMMD se profile le risque d’une médecine à deux vitesses : des structures privées se concentreront sur les actes les plus rentables pour lesquels ils pourront demander le tarif qui leur semble bon, tandis que les soins lourds, chroniques ou moins rémunérateurs seront laissés aux hôpitaux publics.

Face à ce système, un financement durable de notre assurance maladie-maternité, basé sur la solidarité tout en garantissant des remboursements identiques aux assurés, ne pourra plus être garanti puisque le profit va désormais primer sur les besoins des assurés. Beaucoup d’assurés ne disposent pas des moyens financiers pour conclure une assurance privée qui offre une protection de santé comparable à celle de la CNS et risqueront donc de ne plus se faire traiter ou devront se contenter de soins de santé de moindre qualité. La santé deviendra ainsi un bien de luxe.

Un danger supplémentaire se profile pour les professionnels de santé : en effet, la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale a d’ores et déjà confirmé que les salariés de ces structures médicales privées ne seraient pas couverts par la convention collective FHL, qui assure aujourd’hui les conditions de travail et de rémunération du personnel des hôpitaux publics et de leurs antennes. Après les attaques sans précédent contre les conventions collectives et les droits syndicaux en la matière, le gouvernement en remet une couche et s’attaque directement à l’une des conventions collectives les plus importantes et les plus fortes au Luxembourg. Il remet en cause son engagement ferme de ne plus s’attaquer aux conventions collectives, et ce de manière déguisée. Il s’attaque aussi directement aux conditions de travail et de rémunération des quelque 10.000 salariés couverts par la convention FHL, qui risquent de voir leur convention collective affaiblie par ces projets.

Plutôt que d’investir dans le système de santé public — qui est confronté à un manque de main-d’œuvre grandissant et à une détresse du personnel toujours plus importante — la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale compte attiser les appétits d’investisseurs privés non issus du monde médical.

Après avoir tenté d’attaquer et d’affaiblir notre système de pensions public et solidaire, le gouvernement Frieden veut désormais la peau de notre système de santé public et solidaire.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB exige du gouvernement qu’il :

  • abandonne tout projet permettant la création de sociétés de médecins à but lucratif pouvant prester les actes médicaux actuellement réservés au secteur hospitalier ;
  • mette en place une définition cohérente de la médecine ambulatoire et développe une stratégie nationale de prise en charge ambulatoire ;
  • limite l’exploitation des antennes ambulatoires décentralisées aux établissements hospitaliers, en garantissant ainsi l’application de la CCT FHL aux salariés occupés dans les structures ambulantes ;
  • garantisse le maintien du conventionnement obligatoire et mette en place un contrôle public strict du respect des tarifs ;
  • renforce le secteur extrahospitalier sans le mettre en concurrence commerciale avec le secteur hospitalier ;
  • assure la couverture conventionnelle FHL à tout le personnel exerçant dans des structures médicales reconnues par la CNS.

 

Le Luxembourg n’a pas besoin d’une médecine de luxe réservée à quelques-uns, mais d’un système de santé solidaire, universel et équitable, au service de toutes et tous.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB n’hésitera pas à utiliser tous les moyens à sa disposition pour défendre le caractère public, social et solidaire du système de santé au Luxembourg ainsi que les conditions de travail du personnel y travaillant.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 11 novembre 2025

Ils veulent nos heures pour leurs profits, nous voulons du temps pour nos vies !

Lors des réunions de la dite «table ronde sociale» (Sozialronn), le patronat luxembourgeois, l’Union des entreprises luxembourgeoises, a demandé à mettre l’organisation du temps de travail à l’ordre du jour.

Les représentants patronaux y ont présenté un véritable catalogue des horreurs: augmentation du temps de travail maximal hebdomadaire, réduction du temps de repos hebdomadaire, mise en question des congés extraordinaires, flexibilisation à outrance…

Tout en ne rendant pas public ce catalogue, le patronat utilise les ouvertures faites par le gouvernement CSV-DP pour en demander toujours davantage. Dans l’idéal, le patronat souhaiterait avoir un personnel disponible en cas de besoin 24h-sur-24, 7-jours-sur-7; des horaires de travail indexées sur les besoins de l’employeur, ne prenant pas en compte la vie personnelle et familiale des salariés.

La coalition CSV-DP a en effet ouvert la porte dans son programme de gouvernement, en proposant notamment de prévoir d’office une période de référence légale de 12 mois, ce qui à l’heure actuelle n’est possible que dans le cadre d’une convention collective de travail. L’organisation du temps de travail serait ainsi largement flexibilisée, sans que les patrons ne soient contraints de négocier les conditions et des contreparties avec les syndicats.

Ça suffit!

Le «Quality of Work Index» de la Chambre des salariés a démontré qu’entre 2014 et 2022, de plus en plus de salariés connaissent des difficultés croissants à concilier vie privée et vie professionnelle. Les salariés se voient imposés de plus en plus des horaires irréguliers, et leur capacité d’influer sur l’organisation de leur temps de travail diminue. Les mesures envisagées par le gouvernement et l’UEL aggraveraient encore davantage cette situation.

En même temps, dans la même étude, 83% des salariés se prononcent pour une réduction du temps de travail avec maintien intégral du salaire. Les salariés expriment donc clairement une demande consistent en une réduction de leur temps de travail afin de gagner du temps de vie.

Historiquement, la «modernisation» en matière de temps de travail s’est avant tout traduite par des progrès sociaux pour les salariés: journée de huit heures, semaine de quarante heures, repos du dimanche, congés payés… Aujourd’hui, on nous vend une «modernisation» qui n’est rien d’autre qu’une flexibilité imposée, une réduction du temps disponible pour sa famille et ses loisirs, afin d’être à disposition de son employeur.

De réelles négociations au lieu d’un pseudo-dialogue social

Dans ses conclusions unilatérales à l’issue de la table ronde sociale, le gouvernement a chargé le Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) de discuter de l’organisation du temps de travail.
Tout indique que cette discussion tournerait à la farce, comme lors de la table ronde sociale: pas de véritables négociations, mais un échange de points de vue, avec, à la fin, un gouvernement qui décide seul.
Face à cette rupture avec le modèle social luxembourgeois, l’Union des syndicats OGBL-LCGB a décidé de ne plus participer aux réunions du CPTE, mais de présenter ses revendications directement aux ministres compétents dans des réunions bilatérales.

Nos revendications

L’Union des syndicats OGBL-LCGB propose plusieurs mesures pour améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, en réponse aux conclusions du gouvernement en matière d’organisation du temps de travail.

  • RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL

L’OGBL et le LCGB demandent une réduction légale d’au moins 10% du temps de travail, avec maintien intégral de salaire, afin de répondre à la demande croissante des salariés de travailler moins d’heures. L’application de cette réduction du temps de travail serait à négocier entre les partenaires sociaux dans le cadre de conventions collectives de travail.

  • 6E SEMAINE DE CONGÉ LÉGAL

Les syndicats OGBL et LCGB réclament l’introduction d’une 6e semaine de congé légal, portant le volume annuel de congé à 30 jours, pour tous les salariés, afin de compenser l’absence d’évolution significative des congés depuis 1975. Tous les salariés devront bénéficier de cette hausse de 4 jours.

  • TEMPS DE REPOS

L’Union des syndicats OGBL-LCGB s’oppose à toute diminution de la période minimale de repos hebdomadaire et propose plutôt de l’augmenter de 44 à 48 heures. Elle demande également une clarification de la définition de la période de repos ininterrompu.

  • PAUSE DURANT LA JOURNÉE DE TRAVAIL

Les syndicats souhaitent limiter la durée des pauses non rémunérées à 2 heures et garantir que toute pause excédant cette durée soit rémunérée.

  • DROIT AU TEMPS PARTIEL

L’OGBL et le LCGB revendiquent un droit au temps partiel avec garantie de retour à temps plein, facilitant ainsi la réintégration des salariés, notamment des femmes, après un congé parental.

  • PÉRIODES DE RÉFÉRENCE

L’Union des syndicats OGBL-LCGB s’oppose à l’idée d’une annualisation du temps de travail en dehors de conventions collectives, sans négociation avec les syndicats. Elle propose au contraire que toute période de référence supérieure à un mois doive être négociée dans le cadre d’une CCT ou d’un accord interprofessionnel.

  • HEURES SUPPLÉMENTAIRES

Les syndicats demandent une clarification sur la compensation des heures supplémentaires et une nouvelle définition de celles-ci, en excluant les «circonstances anormales».

  • CLAUSES DE FLEXIBILITÉ

L’Union des syndicats OGBL-LCGB appelle à un encadrement plus strict des clauses de flexibilité dans les contrats de travail, afin de protéger les droits des salariés.

  • CHÔMAGE INTEMPÉRIES

L’OGBL et le LCGB proposent de renforcer le rôle des délégués à la sécurité et demandent l’application obligatoire du chômage intempéries dans le cas d’une alerte météo rouge du gouvernement.

  • CONGÉS FAMILIAUX

Les syndicats demandent des améliorations concernant les congés pour raisons familiales et le congé parental, ainsi que la création d’un congé de naissance égalitaire de trois mois pour les deux parents.

Ces propositions visent à renforcer les droits des travailleurs et à améliorer leur qualité de vie, tout en répondant aux évolutions du monde du travail — pour une modernisation qui met les hommes et les femmes au centre, et non le profit.

Retrouvez ici les impressions de la conférence des délégués du 02.12.2025

Halloween avant l’heure pour les salariés du Commerce

Aujourd’hui, les commissions parlementaires compétentes examinent les projets de loi sur les heures d’ouverture et le travail dominical dans le Commerce. Sous couvert de modernisation, le gouvernement prépare en réalité une dérégulation qui va transformer la vie des salariés en un véritable film d’horreur. Étendre les heures d’ouverture jusqu’à 21 heures, prolonger le travail dominical sans garanties pour les salariés travaillant dans de petites entreprises et ouvrir les portes 24/7, c’est condamner des milliers de salariés déjà fragilisés à une fatigue accrue, une précarité encore plus importante et une vie familiale sacrifiée.

À la veille d’Halloween, ce projet ressemble à une fête des morts avant l’heure. Les salariés du Commerce, soumis à une pression permanente et privés de véritables temps de repos, seraient réduits à l’état de zombies de notre société de consommation. Mais ce n’est pas seulement la santé des travailleurs qui est en jeu : en imposant cette logique unilatérale, le gouvernement signe aussi la mort du dialogue social.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB appelle à un retour à la raison. Encadrer le travail dominical et les jours fériés ; refuser la banalisation du travail de nuit, l’élargissement des heures d’ouverture et renforcer les conventions collectives en tant qu’outils de protection, voilà ce qui permettrait non seulement de garantir la dignité des salariés mais aussi de rétablir un dialogue social aujourd’hui menacé.

Les salariés du Commerce ont besoin de protection, pas d’être transformés en morts-vivants.

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB,
le 1er octobre 2025

L’Union des syndicats OGBL-LCGB exprime sa solidarité

À l’occasion de la journée de mobilisation du 18 septembre, organisée par l’Intersyndicale en France, l’Union des syndicats OGBL-LCGB exprime sa pleine solidarité avec les salariés, les retraités et leurs organisations syndicales mobilisés de l’autre côté de la frontière.

Après une réforme des retraites imposée sans vote au Parlement, contre l’avis de l’immense majorité de la population et la résistance des syndicats, le président Emmanuel Macron et son gouvernement persistent à vouloir imposer une cure d’austérité sans précédent. Plutôt que de rétablir l’impôt sur la fortune qu’il a lui-même supprimé, ou de mettre à contribution les plus riches, le président français préfère une fois de plus faire payer les travailleurs – allant jusqu’à envisager la suppression de deux jours fériés.

La politique brutale et néolibérale d’Emmanuel Macron a non seulement fait exploser la dette et a fragilisé les services publics, mais elle a aussi contribué à nourrir la montée de l’extrême droite. Elle a par ailleurs plongé la France dans une crise politique majeure, avec des gouvernements fragilisés, sans majorité parlementaire et sans légitimité auprès de la population.

Alors que le gouvernement luxembourgeois semble vouloir s’inspirer de ces méthodes, en attaquant directement le modèle social luxembourgeois, l’Union des syndicats OGBL-LCGB affirme qu’il faut absolument éviter de répéter au Luxembourg les erreurs commises en France et ailleurs. Elle rappelle son attachement au dialogue social comme garant de la stabilité politique et réaffirme sa détermination à défendre, sans relâche, le modèle social luxembourgeois contre les attaques du gouvernement Frieden.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB réaffirme donc sa solidarité avec l’Intersyndicale française et soutient pleinement ses revendications légitimes. Elle appelle également ses membres et militants résidant en France à participer massivement aux mobilisations.

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB,
le 17 septembre 2025

L’Union des syndicats OGBL-LCGB en tire ses conclusions

Lors d‘une conférence de presse le 11 septembre 2025, les représentants de l’Union des syndicats OGBL-LCGB ont présenté leurs conclusions sur les rondes sociales.

Pour rappel, le 3 septembre 2025, le gouvernement a en effet décidé de mettre un terme aux négociations sans qu’un accord n’ait pu être dégagé, en annonçant dans la foulée et de façon unilatérale un certain nombre de mesures.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB doit donc constater que des améliorations n’ont pas pu être obtenues par la voie de la négociation, mais uniquement grâce à l’opposition conséquente de l’OGBL et du LCGB ainsi qu’à la participation massive à la manifestation du 28 juin.

Les deux présidents syndicaux, Nora BACK et Patrick DURY, ont souligné que l’objectif des syndicats a toujours été d’éviter un conflit social et de rétablir le dialogue social. Aujourd’hui, ils doivent constater qu’un changement de paradigme s’est opéré au sein du gouvernement, où le modèle social tripartite, basé sur des négociations d’égal à égal et la recherche de compromis, est remplacé par la méthode « je consulte et je décide » du Premier ministre.

Ce changement de paradigme, qui marque la fin de notre modèle social, oblige donc les syndicats à adapter leur mode de fonctionnement.

Dans une lettre adressée au Premier ministre, l’Union des syndicats OGBL-LCGB explique que le Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) n’a plus de raison d’être et qu’ils ne participeront plus à ses travaux.

Les syndicats sont prêts à tout moment à présenter oralement et par écrit leurs réflexions, leurs propositions et leurs revendications aux représentants gouvernementaux compétents lors de réunions bilatérales sur des thèmes spécifiques.

Le gouvernement peut alors, conformément à son changement de paradigme, tirer ses conclusions et présenter ses projets de loi à la Chambre des députés. Il appartient ensuite à la Chambre des députés d’influencer ce projet de loi et de voter en toute souveraineté.

En contrepartie, l’Union des syndicats OGBL-LCGB assumera ses responsabilités et réagira si nécessaire à la politique du gouvernement par des actions adéquates.

Malheureusement, en rompant avec le modèle social, le Luxembourg risque d’entrer dans une phase d’instabilité marquée par une recrudescence des actions syndicales.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB est convaincue que le modèle social tripartite reste la meilleure solution pour le Luxembourg, mais elle est aujourd’hui seule à défendre cette conviction.