La compétitivité de l’Europe doit reposer sur des investissements et des emplois de qualité

Les 19 et 20 mars, le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden se joindra à d’autres dirigeants de l’UE pour décider comment renforcer la compétitivité de l’Europe.

Deux visions opposées s’affronteront à Bruxelles. L’une, fondée sur la déréglementation, affaiblirait considérablement la protection des travailleurs et conduirait à un nivellement vers le bas pour les travailleurs, sans pour autant renforcer l’économie. L’autre option serait fondée sur l’investissement et les emplois de qualité, ce qui conduirait à une économie européenne plus forte et plus résiliente.

En principe, le choix entre ces deux options devrait être facile. Pourtant, les chefs d’État et de gouvernement européens semblent avoir du mal à se décider.

L’Europe est confrontée à un véritable problème

La gravité des défis auxquels sont confrontés le Luxembourg et l’Europe est indéniable. Les tensions géopolitiques et commerciales ainsi que les conflits armés exercent une pression supplémentaire sur l’économie européenne et menacent les emplois et les salaires. Selon les chiffres de la Commission européenne, l’Europe a perdu 27 000 emplois dans le secteur manufacturier par mois au cours des deux dernières années. Et les processus de restructuration ne se limitent pas à ce secteur.

Au Luxembourg aussi, les signes avant-coureurs sont visibles, notamment avec les licenciements massifs dans des entreprises comme Amazon, la décision d’Arcelor Mittal de délocaliser certaines de ses activités du Luxembourg vers d’autres pays, l’augmentation du taux de chômage et le recul de l’emploi dans l’industrie et le secteur manufacturier.

Mais un vrai problème ne peut justifier une mauvaise réponse

Certains affirment que l’Europe est devenue « non compétitive » parce qu’elle protège trop les travailleurs. Ils prétendent que la solution réside dans la déréglementation, l’affaiblissement des négociations collectives et l’assouplissement des règles applicables aux entreprises.

La Commission européenne a lancé une série de paquets Omnibus, chacun prévoyant la suppression d’une partie des protections de l’emploi dont nous avons tant besoin. La proposition dite « 28e régime juridique » ou « EU Inc. » illustre cette approche. Sous la pression des lobbyistes du capital-risque, la Commission européenne envisage en effet un cadre qui pourrait porter atteinte au droit du travail, aux conventions collectives et à la représentation des travailleurs au sein des conseils d’administration, tout en supprimant les protections en cas de licenciements. Il s’agit là d’une orientation dangereuse qui n’améliorera ni la compétitivité ni les conditions de travail et de vie.

L’Europe doit éviter les propositions mal conçues qui ne contribueront guère, voire pas du tout, à renforcer la compétitivité, tout en mettant en péril des réglementations de longue date qui sous-tendent les conditions de travail et de vie. Les approches d’austérité et de déréglementation qui ont échoué créeraient un cercle vicieux très préjudiciable, à un moment où notre économie et notre société sont vulnérables.

La compétitivité ne se crée pas en supprimant les protections, et les défis industriels de l’Europe ne sont pas dus à des droits des travailleurs excessifs. Tout indique plutôt qu’il existe un déficit d’investissement et un manque de stratégie industrielle coordonnée et axée sur des objectifs pour chaque secteur et chaque région.

Les syndicats alertent depuis des années les décideurs politiques sur les conséquences d’un sous-investissement dans les services publics, les infrastructures, la politique industrielle, les transitions justes et les emplois de qualité.

Pourtant, au moment même où l’Europe a besoin de plus d’investissements, les revenus records des entreprises sont réorientés vers les dividendes et les rachats d’actions au lieu d’être réinvestis de manière productive, ce qui prive l’économie réelle de ressources et affaiblit la croissance et la résilience à long terme. Et nous prenons du retard dans les domaines importants : les entreprises européennes investissent deux fois moins dans la recherche et le développement (1,49 % du PIB) que leurs homologues américaines (2,7 % du PIB).

Il existe des solutions concrètes

Au Conseil européen, le gouvernement luxembourgeois peut soit soutenir un programme de déréglementation sans issue qui ne renforcera pas l’économie et risque de compromettre les normes du travail, soit défendre une stratégie alternative fondée sur l’investissement afin de soutenir des emplois de qualité et de mettre en place une économie durable et résiliente. Une seule de ces options offre des solutions concrètes.

Les défis auxquels l’Europe est confrontée ne peuvent être relevés qu’en réalisant le bond en avant dont l’Europe a urgemment besoin en matière d’investissement, notamment par le biais d’obligations communes exprimées en euros et en proposant une législation en faveur d’emplois de qualité. La réunion de ce mois-ci offre une occasion importante de faire progresser une politique industrielle européenne solide. L’approche « Made in Europe » actuellement en discussion peut être l’occasion d’orienter les investissements vers des emplois de qualité et de maximiser les effets multiplicateurs afin de renforcer chaque région et chaque secteur. Elle doit également garantir que les entreprises paient leur juste part d’impôts en Europe.

Un plan économique pour l’Europe doit avoir pour objectif la protection et la création d’emplois de qualité. Les salaires ne sont pas des coûts qu’il faut réduire. Des salaires plus élevés sont essentiels pour stimuler la demande intérieure, renforcer le marché intérieur européen et soutenir l’investissement.

Lorsque les salaires augmentent, la demande intérieure augmente et les entreprises sont incitées à investir. La réduction des salaires affaiblit la demande et aggrave le déficit d’investissement en Europe. Cela signifie que la négociation collective forte ne peut être considérée comme une question secondaire, mais qu’elle constitue un pilier central de la compétitivité. 

C’est pourquoi une loi européenne contraignante sur des emplois de qualité avec une transposition ambitieuse dans les législations nationales est un élément essentiel. Elle doit être mise en œuvre sans délai, s’attaquer de front au déficit d’emplois de qualité et devenir un instrument concret permettant de relever les normes et de concrétiser la transition juste dans le cadre des transformations verte et numérique.

Les règles relatives aux marchés publics doivent également être modifiées. Le prix le plus bas n’est pas la meilleure valeur. Au contraire, les 2 500 milliards d’euros de fonds publics dépensés chaque année pour des biens et des services fournis par des entreprises privées devraient être utilisés de manière plus stratégique. L’inclusion de conditions sociales est le moyen de garantir que les fonds publics soutiennent les entreprises qui créent des emplois de qualité et négocient avec les syndicats.

La compétitivité repose sur l’immense réservoir de richesse sociale, soutenu par des services publics de qualité dont les entreprises dépendent chaque jour. Les systèmes d’enseignement public soutiennent la recherche, l’innovation, les compétences et les idées ; les systèmes de santé préservent la santé des citoyens ; les infrastructures financées par des fonds publics, telles que les routes, les chemins de fer, les ports, les réseaux énergétiques et les réseaux numériques, sont essentielles à la production, à l’innovation et au commerce.

La compétitivité doit être considérée à travers le prisme de l’économie et de la société européennes dans leur ensemble. Lorsque les travailleurs ont des emplois de qualité, ils ont plus d’argent dans leurs poches et l’économie prospère.

Les 19 et 20 mars, les chefs d’État et de gouvernement contribueront à définir l’orientation de l’Europe. Une chose est toutefois claire : la compétitivité de l’Europe ne sera pas garantie par la suppression de droits. Elle sera garantie par des investissements dans une économie forte, offrant des emplois de qualité à tous les travailleurs.

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 17 mars 2026

La CJUE confirme que les marchés publics peuvent encourager la négociation collective

L’OGBL et le LCGB saluent l’arrêt rendu le 5 mars 2026, par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur les marchés publics (C-210/24). Par cet arrêt, la CJUE confirme que les autorités publiques peuvent, lors de l’attribution de marchés publics, favoriser les entreprises qui encouragent la négociation collective et favorisent des emplois de qualité.

Pour les syndicats luxembourgeois OGBL et LCGB, cet arrêt représente une victoire importante, surtout à la lumière des discussions en vue de la transposition de la directive sur les salaires minimums adéquats dans l’UE et en particulier dans le cadre de l’objectif de la directive d’atteindre un taux de couverture en conventions collectives de 80% dans tous les États membres de l’Union.

Cet arrêt fait suite à un litige opposant d’une part l’AESTE, un groupe d’entreprises privées établies en Espagne, qui fournit des services aux personnes dépendantes (aide-ménagère, soins aux personnes âgées, etc.), et d’autre part la municipalité d’Ortuelle en Espagne. Cette dernière avait lancé un marché public afin de trouver une entreprise pour l’exécution de services d’aide à domicile dans la commune. Pour se voir attribuer ce marché public, les entreprises intéressées étaient évaluées sur base de plusieurs critères d’attribution définis dans le cahier de charge de la municipalité d’Ortuelle. L’un des critères favorisait en effet les entreprises qui s’engageaient à verser des salaires supérieurs à ceux prévus par la convention collective sectorielle. Or, L’AESTE a jugé ces critères discriminatoires et a décidé de saisir la CJUE.

La CJUE a maintenant statué que les autorités publiques peuvent tout à fait accorder un traitement préférentiel aux entreprises qui négocient avec les syndicats pour obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail dans le cadre d’appels d’offres pour des marchés publics.

Actuellement, la plupart des marchés sont attribués uniquement sur la base du prix le plus bas. Cela entraîne une tendance à la baisse des salaires et des conditions de travail ainsi que de la qualité des services, en particulier dans les secteurs les plus touchés par les marchés publics (construction, nettoyage, services de gardiennage et de sécurité, etc.).

Par conséquent, l’OGBL et le LCGB saluent cette décision qui constitue une avancée importante, car elle favorise la négociation collective et soutient des emplois et des services de qualité. Les deux organisations tiennent également à souligner que, le fait de lier l’attribution des marchés publics à de meilleures conditions de travail et à des salaires équitables contribuera également à atteindre les 80 % de couverture en CCT fixé dans la directive sur les salaires minimaux adéquats dans l’UE.

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 16 mars 2026

Après deux années perdues, il est devenu urgent d’avancer sur de nombreux dossiers touchant au monde du travail

Une délégation de l’Union des syndicats OGBL-LCGB, conduite par ses coprésidents Nora Back et Patrick Dury, a rencontré le 11 février 2026 les représentants du groupe parlementaire du DP, pour s’entretenir de l’évolution des différents dossiers actuellement en discussion avec le nouveau ministre du Travail.

L’Union des syndicats a tenu à souligner face aux parlementaires de la majorité — tout en le déplorant — que beaucoup trop de temps a été perdu au cours des deux dernières années, en raison de l’approche et des décisions regrettables prises par le gouvernement. Les syndicats et les députés du DP ont exprimé dans ce contexte leur souhait commun de voir le dialogue social se réinstaurer au plus vite au niveau national.

L’OGBL et le LCGB ont insisté sur le fait qu’il est désormais d’autant plus urgent d’avancer sur un certain nombre de dossiers, dont la nécessaire augmentation du salaire social minimum, l’introduction d’un cadre protecteur pour les travailleurs des plateformes numériques et le relèvement du taux de couverture des conventions collectives — qui sont actuellement en discussion avec le ministre du Travail. Pour les syndicats, la liste des urgences ne s’arrête toutefois pas là. D’autres dossiers, qui n’ont pas encore pu être abordés avec le ministre, pressent également, parmi lesquels figurent :  la transposition de la directive européenne relative à la transparence salariale, le renforcement des outils favorisant le maintien dans l’emploi, la refonte de la législation sur le reclassement ou bien encore l’encadrement de l’intelligence artificielle dans le monde du travail.

L’Union des syndicats et les représentants du DP ont passé en revue les différents dossiers énumérés. Concernant plus particulièrement la question du salaire social minimum, le DP a notamment fait savoir qu’il considère, lui aussi, que toute personne qui travaille, doit pouvoir vivre décemment de son salaire, ce qui n’est aujourd’hui pas le cas. Les représentants du DP précisent toutefois, dans le cadre de cette discussion, qu’il faut veiller parallèlement à ce que les entreprises puissent supporter une éventuelle augmentation du salaire social minimum.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB, tout comme le groupe parlementaire du DP, est actuellement en attente des premières propositions de la part du ministre du Travail.

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 12 février 2026

Vers un nouveau départ pour le dialogue social au Luxembourg ?

Dans le cadre d’un premier échange de vues portant sur les principaux dossiers d’actualité sociale et du travail, une délégation de l’Union des syndicats OGBL-LCGB, menée par ses coprésidents Nora Back et Patrick Dury, a rencontré le 7 janvier 2026 le nouveau ministre du Travail, Marc Spautz.

Après deux années marquées par un conflit social d’ampleur, déclenché notamment par des attaques injustifiées contre les conventions collectives, le droit de négociation des syndicats ainsi que la notion de représentativité syndicale, le dialogue social au Luxembourg a été durablement fragilisé. Dans ce contexte, la nomination de Marc Spautz au poste de ministre du Travail pourrait, dans un scénario constructif et optimiste, constituer une opportunité pour prendre un nouveau départ.

Lors de la rencontre avec le ministre, de nombreux dossiers importants ont été abordés, dont notamment :

  • l’organisation du temps de travail ;
  • la directive européenne relative aux salaires minimaux adéquats dans l’UE et le plan d’action visant à atteindre un taux de couverture de conventions collectives d’au moins 80% — objectif que l’Union des syndicats OGBL-LCGB considère comme central pour le renforcement du modèle social ;
  • la transposition de la directive européenne sur le travail de plateforme, où le Luxembourg accuse un retard préoccupant ;
  • la nécessité d’une réforme de la législation relative aux plans de maintien dans l’emploi et aux plans sociaux, afin de mieux protéger les salariés concernés.

 

Par ailleurs, plusieurs dossiers d’entreprises, en particulier, celui d’ArcelorMittal Luxembourg et le dossier Liberty Steel ont été évoqués, de même que l’état général du dialogue social, l’avenir du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE), ainsi que les élections sociales.

À l’issue de cette première réunion, un agenda prévoyant des réunions sur ces thèmes a déjà été établi – des réunions qui se dérouleront dans un premier temps dans un cadre bilatéral et non tripartite.

Enfin, le rôle et la participation des syndicats nationalement représentatifs au sein du CPTE ont également été abordés. La présence du syndicat de la fonction publique CGFP dans cet organe soulève en effet la question de la participation de l’OGBL et du LCGB – tous deux également représentatifs au niveau national — aux importantes négociations de la fonction publique, notamment dans le cadre de l’accord salarial. L’Union des syndicats OGBL-LCGB a clairement exprimé sa volonté de pouvoir participer à ces négociations dans un but d’égalité de traitement et de transparence, dans la mesure où celles-ci ont d’importantes répercussions sur des pans entier du secteur privé dans lesquels l’OGBL et le LCGB sont majoritaires. Si cela ne s’avérait pas être le cas, l’Union des syndicats OGBL-LCGB demande une réforme du cadre légal du CPTE, sans laquelle la crédibilité de cet important organisme serait fortement mise en cause.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB restera attentive aux actes concrets qui feront suite à ce premier échange et réaffirme son engagement visant à renforcer les droits des salariés, la négociation collective et un dialogue social réel, respectueux et équilibré.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 9 janvier 2026

Une réforme ratée à revoir d’urgence !

Le jour même du vote du projet de loi 8514 relatif à la réforme des pensions, les partenaires sociaux sont mis devant le fait accompli qu’il s’agit d’un projet bâclé qui pose de nombreux problèmes d’implémentation pratique au niveau de la CNAP. Ainsi, l’Union des syndicats OGBL-LCGB demande au Gouvernement de procéder d’urgence aux amendements législatifs qui s’imposent !

Pour mémoire, les syndicats ont dénoncé dès le début la farce qu’était le processus de consultation « Schwätz mat ! ». Alors que toutes les parties prenantes s’étaient prononcées contre une prolongation forcée de la vie active, le Premier ministre a désavoué la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale en annonçant une augmentation progressive de 5 ans des départs en pension anticipée lors de sa déclaration sur l’état de la nation. Le 28 juin 2025, plus de 25.000 personnes ont notamment manifesté contre ce cavalier seul du Premier ministre. Alors que les rondes sociales du juillet et de septembre 2025 étaient censées trouver, entre autres, un compromis sur le contenu de la réforme des pensions, le Premier ministre a cru bien interrompre les discussions pour présenter les conclusions du Gouvernement.

Le résultat de ces manœuvres politiques se confirme dès à présent : une réforme irréfléchie, bâclée et surtout préparée sans véritable dialogue social avec les partenaires sociaux ni d’ailleurs une implication directe de l’administration qui doit la mettre en musique, à savoir la CNAP.

Le constat est scandaleux. Deux mesures du projet de réforme posent énormément de problèmes au niveau de sa mise en œuvre administrative :

  • le dispositif de l’augmentation progressive de 8 mois du départ en pension anticipée de 2026 à 2030 est trop flou pour permettre une application univoque ;
  • la pension progressive ne peut pas être mise en œuvre telle que prévue par le texte soumis au vote de la Chambre des Députés.

Ces problèmes ont aussi bien été soulevés dans l’avis de la Chambre des salariés que par un courrier du conseil d’administration de la CNAP à la Ministre. Leur réponse était aussi lapidaire que la manière dont la réforme a été gérée du début à la fin. La Ministre se limite à remercier le CA de la CNAP pour son engagement, puis ignore tout ce qui lui a été communiqué. La patate chaude pour corriger les défaillances de ce projet politique raté est ainsi relayée aux partenaires sociaux.

En ce qui concerne l’augmentation progressive de la durée active, le texte ne prévoit justement pas des conditions conjointes d’une carrière de 480 mois avec périodes cotisées et complémentaires et le fait d’avoir atteint l’âge de 60 ans. En effet, une personne ayant fait des études jusqu’à l’âge de 25 ans peut faire valoir 7 années d’études et aura donc atteint les 480 mois à l’âge de 58 ans. Légalement, il peut uniquement prétendre à sa pension anticipée dès l’âge de 60 ans. On pourrait donc déduire que cet assuré a déjà presté 24 mois cotisés supplémentaires. Pour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, aucune augmentation supplémentaire des périodes de cotisation n’est donc applicable pour cet assuré.

Pour ce qui est de la pension progressive, il ne s’agit pas d’une pension au sens du Code de la Sécurité sociale, mais une indemnité comparable à celle prévue par le Code du Travail dans le cadre de la préretraite progressive. Il en résulte que la CNAP se voit maintenant confiée des compétences liées au droit du travail et n’est techniquement pas en mesure de garantir le versement correct de cette indemnité tel que prévu par la réforme. De ce fait, les dépenses devraient être à charge de l’Etat et ne pas s’ajouter à d’autres dépenses similaires imposées à la CNAP.

La Ministre compétente en est bien consciente, mais préfère tout simplement ignorer ces problèmes pour maintenir l’illusion que le Gouvernement a mené à bien cette réforme.
Pour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, ceci est inacceptable ! Du début à la fin, ce projet de réforme constitue un mépris du dialogue social tripartite et du modèle de gestion tripartite de la CNAP. La Ministre fait en outre preuve d’un manque de respect de l’administration de la CNAP, des administrateurs de la CNAP et des partenaires sociaux.
La Ministre doit prendre ses responsabilités et procéder d’urgence aux amendements législatifs qui s’avèrent nécessaires pour introduire un véritable droit à une pension progressive !

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 18 décembre 2025

L’OGBL et le LCGB demandent un moratoire et une étude d’impact social

Le débat autour de l’extension des heures d’ouverture dans le commerce entre désormais dans une phase décisive. À l’heure où le projet de loi s’apprête à franchir l’étape du vote, l’OGBL et le LCGB estiment indispensable de marquer un temps d’arrêt. Avant de modifier en profondeur l’organisation du travail dans un secteur déjà fragilisé, il est essentiel de prendre la mesure des conséquences sociales qui en découleront. Or, à ce stade, aucune étude d’impact indépendante n’a été réalisée. Les travailleurs du commerce, parmi les moins bien rémunérés du pays et déjà soumis à des horaires difficiles, seraient pourtant les premiers à en ressentir les effets, aussi bien sur leur santé, leur vie familiale ou leur équilibre quotidien.

L’OGBL et le LCGB tiennent une nouvelle fois à attirer l’attention sur le fait que les employeurs eux-mêmes ne voient pas l’intérêt de cette réforme. L’extension des heures d’ouverture n’apportera en effet aucun gain économique tangible. Les coûts augmenteront, tout comme les contraintes organisationnelles, tandis que le risque d’une spirale concurrentielle poussera chaque commerce à s’aligner sur le premier qui décidera d’ouvrir plus tard. En d’autres termes, cette mesure entrainera une dynamique perdante-pour-tous, dictée non par un besoin réel mais par la peur de perdre du terrain.

Quant à l’argument selon lequel cette réforme répondrait à une demande pressante des consommateurs, ce dernier se heurte lui aussi à la réalité. Rien n’indique en effet que la majorité des consommateurs souhaitent faire leurs courses à des heures « extrêmes », et encore moins que cette pratique devienne la norme. Si l’on prétend que la société réclame des services disponibles jusqu’à 21h, comment expliquer alors qu’aucune administration publique ne soit invitée à suivre cette logique ? Le parallèle suffit à démontrer que l’argument ne repose pas sur une véritable analyse de besoins, mais sur une perception brouillée de ce que la modernité exigerait.

Face à ces zones d’ombre, l’OGBL et le LCGB demandent qu’un moratoire soit appliqué avant toute décision finale. Une étude d’impact social, indépendante et sérieuse, doit précéder toute réforme aux effets aussi profonds. L’OGBL et le LCGB appellent également à rétablir un dialogue social complet, ouvert et respectueux, impliquant toutes les organisations représentatives du salariat. Une société qui s’apprête à transformer l’organisation du travail doit pouvoir le faire de manière éclairée, transparente et équitable.

Afin de rendre visibles ces enjeux, une action symbolique sera organisée devant la Chambre des députés le 18 décembre, jour de la mise au vote du projet de loi en question. Cette action aura pour objectif de rappeler que derrière les horaires et les chiffres, il y a des vies réelles, des familles, des travailleurs qui méritent mieux qu’une réforme menée au pas de course.

L’OGBL et le LCGB souhaitent que le temps nécessaire soit pris pour choisir le modèle de société que nous souhaitons, ensemble. L’extension des heures d’ouverture ne peut pas se faire au détriment de celles et ceux qui font vivre le commerce au quotidien. La véritable modernité ne s’écrit pas contre les travailleurs, mais avec eux.

 

Communiqué par l’OGBL et le LCGB, le 11 décembre 2025

Réforme fiscale : L’OGBL et le LCGB saluent l’adaptation automatique du barème à l’inflation, mais demandent davantage de justice fiscale

L’Union des syndicats OGBL-LCGB a rencontré le 27 novembre 2025 le ministre des Finances afin d’échanger sur le projet d’introduction d’un barème d’imposition unique à partir de l’année 2028.

Lors de cette entrevue, le ministre a notamment annoncé sa volonté d’introduire, à partir de 2028, un mécanisme d’adaptation automatique du barème à l’inflation, basé sur les échéances des tranches indiciaires. Un tel mécanisme constitue une revendication de longue date de l’OGBL et du LCGB, puisqu’il permettrait d’éviter une augmentation de la pression fiscale supportée par les ménages suite à l’application d’une tranche d’index.

La création d’un barème d’imposition unique, basé sur celui de la classe d’imposition actuelle 1a, entraînera une baisse d’impôts pour la majorité des contribuables — ce qui est évidemment à saluer.

Une période transitoire de 25 ans est prévue pour les personnes susceptibles d’être perdantes (notamment les ménages à un seul revenu actuellement imposés en classe 2), qui resteront ainsi dans le système actuel pendant cette période.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB salue l’extension de cette période transitoire à 25 ans — contre 20 ans annoncés initialement — mais considère que cette prolongation reste insuffisante et qu’elle devrait être maintenue sans limite dans le temps.

L’Union des syndicats salue également l’annonce du ministre d’augmenter certains montants liés aux dépenses spéciales ainsi que le crédit d’impôt monoparental. Elle insiste toutefois sur la nécessité d’augmenter parallèlement les crédits d’impôt pour salariés et pensionnés, plus justes socialement, et d’adapter les seuils d’éligibilité permettant d’en bénéficier.

Par ailleurs, l’Union des syndicats OGBL-LCGB estime que le nouveau barème risque de renforcer le phénomène du « Mëttelstandsbockel », à savoir une progressivité particulièrement forte pour les revenus moyens. Afin d’assurer une imposition plus équitable, l’OGBL et le LCGB demandent un aplatissement de cette « bosse » fiscale et une taxation plus conséquente des hauts revenus.

Suivant les annonces du ministre, la réforme serait partiellement financée par la non-adaptation du barème à l’inflation au cours des prochaines années.

Ce financement équivaut donc à une augmentation de la charge fiscale pesant sur les ménages, alors qu’une nouvelle baisse de l’imposition des collectivités est prévue pour 2027. Dans un contexte où les recettes provenant de l’imposition des ménages dépassent déjà largement celles provenant de l’imposition des entreprises, une telle baisse est fermement rejetée par l’Union des syndicats OGBL-LCGB.

De manière générale, le projet ne corrige pas les inégalités fiscales structurelles inhérentes au régime actuel. L’Union des syndicats OGBL-LCGB demande ainsi une réforme structurelle visant à imposer de manière plus conséquente les hauts revenus, ainsi que le patrimoine et les revenus du capital, actuellement largement privilégiés par rapport aux revenus provenant d’une activité salariée ou d’une pension.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 28 novembre 2025

 

Le système de santé est un bien commun et doit rester accessible à tous

Le projet du gouvernement d’autoriser la création de sociétés de médecins, la décision de l’AMMD de renoncer à la convention qui lie les médecins à la CNS ainsi que les discussions politiques autour dudit « extra-hospitalier » risquent de mettre davantage sous pression le système de santé public et solidaire.

Face à ces récentes évolutions, l’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois (FHL) se sont rencontrées le 17 novembre 2025 dans le cadre d’un échange de vues sur la situation. Les deux parties convergent largement dans leurs analyses et insistent sur le maintien des fondements de notre système de santé — un système qui doit assurément continuer à être renforcé, mais qui n’en demeure pas moins l’un des meilleurs au monde.

Dans le contexte actuel, la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois et l’Union des syndicats OGBL-LCGB tiennent ainsi à réaffirmer leur engagement en faveur d’un système de santé public fort, basé sur la solidarité et l’équité, dont l’accès doit continuer à être garanti pour tous. Afin de préserver ce système, les deux parties plaident avant tout en faveur d’une politique ambitieuse permettant de faire enfin face au manque de main-d’œuvre grandissant dans le secteur, qui constitue actuellement le plus grand défi auquel le système de santé fait face.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois expriment ensuite leur opposition catégorique à toute commercialisation et/ou marchandisation de la médecine et du système de santé, qui doit demeurer un bien commun et non servir à enrichir des intérêts privés, au détriment du plus grand nombre. Dans ce contexte, les deux parties revendiquent le maintien du conventionnement des médecins au Luxembourg.

Dans le même ordre d’idées, la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois et l’Union des syndicats OGBL-LCGB plaident toutes deux pour le développement d’antennes ambulatoires décentralisées à travers le pays, mais reliées organiquement à des établissements hospitaliers.

Enfin, l’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois revendiquent l’application inconditionnelle de la convention collective FHL à tous les salariés occupés dans le secteur hospitalier, qu’il s’agisse d’établissements hospitaliers à proprement parler ou de structures décentralisées.

Le Luxembourg n’a pas besoin d’une médecine de luxe réservée à quelques-uns, mais d’un système de santé solidaire, universel et équitable, au service de tous.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB et la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois, le 18 novembre 2025

Kee Profit mat eiser Gesondheet!

Le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale a annoncé récemment son intention d’ouvrir complètement les soins ambulatoires au secteur extrahospitalier et de créer un cadre légal pour les « sociétés de médecins ».

Sous couvert d’« efficacité » et de « modernisation », cette réforme marque en réalité un tournant dangereux : l’ouverture du système de santé luxembourgeois à la logique du profit.

Derrière le langage technocratique se cache une réalité limpide : des structures purement privées à but lucratif pourront prochainement prester et facturer des actes médicaux jusqu’alors réservés au milieu hospitalier.

C’est une décision politique lourde de conséquences, qui aligne le gouvernement sur les revendications de l’AMMD, poussées par le déconventionnement lancées fin octobre 2025, et ouvre la porte à une marchandisation progressive de la santé.

Plutôt que de défendre l’intérêt général et de mettre en place une vraie stratégie par rapport aux besoins sanitaires de la population, le gouvernement semble tout simplement céder au lobby médical

Sous prétexte de vouloir « moderniser » le système, le gouvernement cherche surtout à créer un marché de la santé, où la rentabilité prime sur la solidarité, et où le patient devient un client-payeur.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB s’y oppose catégoriquement !

Notre système repose sur un principe fondamental : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Or, ce principe est incompatible avec la création de sociétés de médecins visant à dégager des profits sur des prestations financées collectivement, ou bien avec le déconventionnement des médecins et leur droit à l’autotarification revendiquée par l’AMMD.

Derrière cette réforme gouvernementale et ces revendications de l’AMMD se profile le risque d’une médecine à deux vitesses : des structures privées se concentreront sur les actes les plus rentables pour lesquels ils pourront demander le tarif qui leur semble bon, tandis que les soins lourds, chroniques ou moins rémunérateurs seront laissés aux hôpitaux publics.

Face à ce système, un financement durable de notre assurance maladie-maternité, basé sur la solidarité tout en garantissant des remboursements identiques aux assurés, ne pourra plus être garanti puisque le profit va désormais primer sur les besoins des assurés. Beaucoup d’assurés ne disposent pas des moyens financiers pour conclure une assurance privée qui offre une protection de santé comparable à celle de la CNS et risqueront donc de ne plus se faire traiter ou devront se contenter de soins de santé de moindre qualité. La santé deviendra ainsi un bien de luxe.

Un danger supplémentaire se profile pour les professionnels de santé : en effet, la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale a d’ores et déjà confirmé que les salariés de ces structures médicales privées ne seraient pas couverts par la convention collective FHL, qui assure aujourd’hui les conditions de travail et de rémunération du personnel des hôpitaux publics et de leurs antennes. Après les attaques sans précédent contre les conventions collectives et les droits syndicaux en la matière, le gouvernement en remet une couche et s’attaque directement à l’une des conventions collectives les plus importantes et les plus fortes au Luxembourg. Il remet en cause son engagement ferme de ne plus s’attaquer aux conventions collectives, et ce de manière déguisée. Il s’attaque aussi directement aux conditions de travail et de rémunération des quelque 10.000 salariés couverts par la convention FHL, qui risquent de voir leur convention collective affaiblie par ces projets.

Plutôt que d’investir dans le système de santé public — qui est confronté à un manque de main-d’œuvre grandissant et à une détresse du personnel toujours plus importante — la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale compte attiser les appétits d’investisseurs privés non issus du monde médical.

Après avoir tenté d’attaquer et d’affaiblir notre système de pensions public et solidaire, le gouvernement Frieden veut désormais la peau de notre système de santé public et solidaire.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB exige du gouvernement qu’il :

  • abandonne tout projet permettant la création de sociétés de médecins à but lucratif pouvant prester les actes médicaux actuellement réservés au secteur hospitalier ;
  • mette en place une définition cohérente de la médecine ambulatoire et développe une stratégie nationale de prise en charge ambulatoire ;
  • limite l’exploitation des antennes ambulatoires décentralisées aux établissements hospitaliers, en garantissant ainsi l’application de la CCT FHL aux salariés occupés dans les structures ambulantes ;
  • garantisse le maintien du conventionnement obligatoire et mette en place un contrôle public strict du respect des tarifs ;
  • renforce le secteur extrahospitalier sans le mettre en concurrence commerciale avec le secteur hospitalier ;
  • assure la couverture conventionnelle FHL à tout le personnel exerçant dans des structures médicales reconnues par la CNS.

 

Le Luxembourg n’a pas besoin d’une médecine de luxe réservée à quelques-uns, mais d’un système de santé solidaire, universel et équitable, au service de toutes et tous.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB n’hésitera pas à utiliser tous les moyens à sa disposition pour défendre le caractère public, social et solidaire du système de santé au Luxembourg ainsi que les conditions de travail du personnel y travaillant.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, le 11 novembre 2025

Ils veulent nos heures pour leurs profits, nous voulons du temps pour nos vies !

Lors des réunions de la dite «table ronde sociale» (Sozialronn), le patronat luxembourgeois, l’Union des entreprises luxembourgeoises, a demandé à mettre l’organisation du temps de travail à l’ordre du jour.

Les représentants patronaux y ont présenté un véritable catalogue des horreurs: augmentation du temps de travail maximal hebdomadaire, réduction du temps de repos hebdomadaire, mise en question des congés extraordinaires, flexibilisation à outrance…

Tout en ne rendant pas public ce catalogue, le patronat utilise les ouvertures faites par le gouvernement CSV-DP pour en demander toujours davantage. Dans l’idéal, le patronat souhaiterait avoir un personnel disponible en cas de besoin 24h-sur-24, 7-jours-sur-7; des horaires de travail indexées sur les besoins de l’employeur, ne prenant pas en compte la vie personnelle et familiale des salariés.

La coalition CSV-DP a en effet ouvert la porte dans son programme de gouvernement, en proposant notamment de prévoir d’office une période de référence légale de 12 mois, ce qui à l’heure actuelle n’est possible que dans le cadre d’une convention collective de travail. L’organisation du temps de travail serait ainsi largement flexibilisée, sans que les patrons ne soient contraints de négocier les conditions et des contreparties avec les syndicats.

Ça suffit!

Le «Quality of Work Index» de la Chambre des salariés a démontré qu’entre 2014 et 2022, de plus en plus de salariés connaissent des difficultés croissants à concilier vie privée et vie professionnelle. Les salariés se voient imposés de plus en plus des horaires irréguliers, et leur capacité d’influer sur l’organisation de leur temps de travail diminue. Les mesures envisagées par le gouvernement et l’UEL aggraveraient encore davantage cette situation.

En même temps, dans la même étude, 83% des salariés se prononcent pour une réduction du temps de travail avec maintien intégral du salaire. Les salariés expriment donc clairement une demande consistent en une réduction de leur temps de travail afin de gagner du temps de vie.

Historiquement, la «modernisation» en matière de temps de travail s’est avant tout traduite par des progrès sociaux pour les salariés: journée de huit heures, semaine de quarante heures, repos du dimanche, congés payés… Aujourd’hui, on nous vend une «modernisation» qui n’est rien d’autre qu’une flexibilité imposée, une réduction du temps disponible pour sa famille et ses loisirs, afin d’être à disposition de son employeur.

De réelles négociations au lieu d’un pseudo-dialogue social

Dans ses conclusions unilatérales à l’issue de la table ronde sociale, le gouvernement a chargé le Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) de discuter de l’organisation du temps de travail.
Tout indique que cette discussion tournerait à la farce, comme lors de la table ronde sociale: pas de véritables négociations, mais un échange de points de vue, avec, à la fin, un gouvernement qui décide seul.
Face à cette rupture avec le modèle social luxembourgeois, l’Union des syndicats OGBL-LCGB a décidé de ne plus participer aux réunions du CPTE, mais de présenter ses revendications directement aux ministres compétents dans des réunions bilatérales.

Nos revendications

L’Union des syndicats OGBL-LCGB propose plusieurs mesures pour améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, en réponse aux conclusions du gouvernement en matière d’organisation du temps de travail.

  • RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL

L’OGBL et le LCGB demandent une réduction légale d’au moins 10% du temps de travail, avec maintien intégral de salaire, afin de répondre à la demande croissante des salariés de travailler moins d’heures. L’application de cette réduction du temps de travail serait à négocier entre les partenaires sociaux dans le cadre de conventions collectives de travail.

  • 6E SEMAINE DE CONGÉ LÉGAL

Les syndicats OGBL et LCGB réclament l’introduction d’une 6e semaine de congé légal, portant le volume annuel de congé à 30 jours, pour tous les salariés, afin de compenser l’absence d’évolution significative des congés depuis 1975. Tous les salariés devront bénéficier de cette hausse de 4 jours.

  • TEMPS DE REPOS

L’Union des syndicats OGBL-LCGB s’oppose à toute diminution de la période minimale de repos hebdomadaire et propose plutôt de l’augmenter de 44 à 48 heures. Elle demande également une clarification de la définition de la période de repos ininterrompu.

  • PAUSE DURANT LA JOURNÉE DE TRAVAIL

Les syndicats souhaitent limiter la durée des pauses non rémunérées à 2 heures et garantir que toute pause excédant cette durée soit rémunérée.

  • DROIT AU TEMPS PARTIEL

L’OGBL et le LCGB revendiquent un droit au temps partiel avec garantie de retour à temps plein, facilitant ainsi la réintégration des salariés, notamment des femmes, après un congé parental.

  • PÉRIODES DE RÉFÉRENCE

L’Union des syndicats OGBL-LCGB s’oppose à l’idée d’une annualisation du temps de travail en dehors de conventions collectives, sans négociation avec les syndicats. Elle propose au contraire que toute période de référence supérieure à un mois doive être négociée dans le cadre d’une CCT ou d’un accord interprofessionnel.

  • HEURES SUPPLÉMENTAIRES

Les syndicats demandent une clarification sur la compensation des heures supplémentaires et une nouvelle définition de celles-ci, en excluant les «circonstances anormales».

  • CLAUSES DE FLEXIBILITÉ

L’Union des syndicats OGBL-LCGB appelle à un encadrement plus strict des clauses de flexibilité dans les contrats de travail, afin de protéger les droits des salariés.

  • CHÔMAGE INTEMPÉRIES

L’OGBL et le LCGB proposent de renforcer le rôle des délégués à la sécurité et demandent l’application obligatoire du chômage intempéries dans le cas d’une alerte météo rouge du gouvernement.

  • CONGÉS FAMILIAUX

Les syndicats demandent des améliorations concernant les congés pour raisons familiales et le congé parental, ainsi que la création d’un congé de naissance égalitaire de trois mois pour les deux parents.

Ces propositions visent à renforcer les droits des travailleurs et à améliorer leur qualité de vie, tout en répondant aux évolutions du monde du travail — pour une modernisation qui met les hommes et les femmes au centre, et non le profit.

Retrouvez ici les impressions de la conférence des délégués du 02.12.2025