La mobilisation syndicale impose au gouvernement de revoir sa copie — mais ce n’est toujours pas suffisant !

L’Union des syndicats OGBL-LCGB constate, tout en le déplorant, l’échec des négociations entamées en juillet avec le gouvernement et l’Union des entreprises luxembourgeoises concernant :

  • l’avenir de notre système de pensions,
  • les conventions collectives de travail,
  • le travail du dimanche et les heures d’ouverture dans le commerce.

 

Le 3 septembre 2025, le gouvernement a en effet décidé de mettre un terme aux négociations sans qu’un accord n’ait pu être dégagé, en annonçant dans la foulée et de façon unilatérale un certain nombre de mesures.

Si l’OGBL et le LCGB dénoncent toujours les détériorations qu’envisage le gouvernement, les syndicats constatent néanmoins que leur collaboration et le succès de la manifestation du 28 juin, qui a rassemblé plus de 25 000 personnes dans les rues de Luxembourg, ont néanmoins forcé le gouvernement à revoir sa copie.

Les conventions collectives de travail ne seront pas bradées

Pour ce qui est des conventions collectives de travail, le gouvernement confirme qu’il renonce à son projet visant à brader le droit de négociation et de signature d’une convention collective. Ainsi, les syndicats ayant la représentativité nationale conservent leur droit exclusif en la matière. Le contenu légal des conventions collectives est maintenu et aucune convention collective ne peut être détériorée ou substituée.

Des avancées en ce qui concerne les pensions grâce à la mobilisation syndicale

Périodes cotisées

En ce qui concerne les pensions, le gouvernement maintient sa volonté d’augmenter progressivement la durée des périodes de cotisations obligatoires. Cela dit, il n’est plus question d’augmenter la durée de cotisation de 3-5 ans supplémentaires, mais juste encore de 8 mois au total (soit 1 mois supplémentaire par an en 2026 et 2027 et 2 mois supplémentaires par an en 2028, 2029 et 2030).

Pension anticipée & préretraites

Le gouvernement a finalement décidé de maintenir les conditions de départ en pension anticipée à partir de 57 ans (480 mois cotisés) ainsi que le régime actuel de la préretraite travail posté et le régime de la préretraite ajustement.

Incitatifs pour une prolongation volontaire de la carrière professionnelle

Un abattement fiscal pour les assurés remplissant les conditions permettant de bénéficier d’une pension de vieillesse anticipée mais qui continuent volontairement leur activité professionnelle jusqu’à l’âge de 65 ans est envisagé, ainsi que l’introduction d’une retraite progressive sur base des modalités en vigueur dans la fonction publique.

Maintien de l’allocation de fin d’année

Le gouvernement a accepté de corriger une détérioration introduite par la réforme de 2012, en maintenant l’allocation de fin d’année.

Réajustement des pensions

Malheureusement, la diminution du réajustement est maintenue au cas où les dépenses de la caisse de retraite dépasseraient les recettes — il n’y aura donc plus d’ajustement des retraites en dehors de l’index.

Une aide sociale au lieu d’une adaptation de la pension minimale

Le gouvernement refuse d’augmenter les petites pensions, mais prévoit à la place d’introduire une aide sociale pour les personnes touchant une pension de vieillesse modeste. Or, pour l’Union des syndicats, toutes les personnes qui ont travaillé toute leur vie et cotisé dans le système de pension ont droit à une pension leur permettant de mener une vie décente.

Augmentation des cotisations

Enfin, le gouvernement s’est résolu à augmenter le taux de cotisation de 24% à 25,5% dès 2026 (+0,5 pour les salariés ; +0,5% pour les employeurs et +0,5% pour l’Etat), mettant les employeurs ainsi également à contribution, dans le cadre de la pérennisation de notre système de pensions.

Travail dominical et heures d’ouverture dans le commerce : quelques améliorations à relever

Le gouvernement revoit également sa copie en ce qui concerne le travail dominical et les heures d’ouverture dans le commerce. Le gouvernement ne renonce pas à son projet d’augmentation du temps de travail autorisé le dimanche de 4 à 8 heures, mais le conditionne désormais à la conclusion d’une convention collective de travail ou d’un accord interprofessionnel, du moins pour les entreprises ayant un nombre de salariés supérieur à 30 au niveau du groupe.

En ce qui concerne les heures d’ouverture des commerces, le projet initial du gouvernement est légèrement amendé : au lieu d’autoriser des ouvertures pouvant aller de 5h à 22h, il est désormais prévu de les autoriser uniquement jusque 21h en dehors de la conclusion d’une convention collective.

Un changement de paradigme

L’Union des syndicats OGBL-LCGB prend acte des améliorations apportées au paquet de mesures projetées initialement par le gouvernement – des avancées qui n’ont pu être obtenues que grâce à l’opposition conséquente de l’OGBL et du LCGB ainsi que la participation massive à la manifestation du 28 juin.

L’OGBL et le LCGB ne peuvent pas pour autant se satisfaire des détériorations décidées unilatéralement par le gouvernement et encore moins de la méthode employée par celui-ci en matière de dialogue social.

Nous assistons en effet, sous ce gouvernement, à un changement de paradigme dans lequel le modèle social tripartite basé sur des négociations d’égal à égal à la recherche de compromis est remplacé par une méthode du « je consulte et je décide » du Premier ministre.

Ce changement de paradigme, qui équivaut à la fin de notre modèle social, pousse désormais les syndicats à adapter également leur méthode de travail.
L’OGBL et le LCGB réuniront rapidement leurs structures pour envisager la suite à donner au paquet de mesures retenues par le gouvernement.

 

 

Après l’énorme succès de la manifestation du 28 juin : Le front syndical confirme sa participation à la réunion convoquée par le Premier ministre le 9 juillet, mais pose ses conditions !

Après l’énorme succès de la manifestation nationale organisée le 28 juin par l’Union des syndicats OGBL et LCGB contre la politique actuelle du gouvernement, qui a rassemblé plus de 25 000 personnes dans les rues de Luxembourg, l’OGBL et le LCGB ont envoyé le 30 juin une lettre au Premier ministre Luc Frieden. Dans cette lettre, l’Union des syndicats annonce qu’elle participera
à la réunion « tripartite » convoquée par le Premier ministre le 9 juillet, mais à condition que toutes les parties concernées s’accordent sur un retour au modèle social tripartite et que l’ordre du jour de la réunion soit amendé comme suit :

  1. Conventions collectives

L’Union des syndicats demande un engagement formel écrit dans lequel le Premier ministre confirme que ::

  • le Gouvernement maintiendra la prérogative des organisations syndicales nationalement représentatives sur le plan national de négocier et signer des conventions collectives ;
  • le Gouvernement maintiendra le contenu des conventions collectives tel qu’actuellement prévu par le Code du Travail ;
  • le Gouvernement abandonne son projet visant à introduire la conclusion d’accords d’entreprise sans les organisations syndicales représentatives sur le plan national.

 

  1. Travail du dimanche et heures d’ouverture dans le commerce

En ce qui concerne le travail de dimanche, l’Union des syndicats revendique que :

  • le projet de loi en cours d’instance législative confirme que l’extension du temps de travail de 4 à 8 heures peut uniquement se faire par la négociation d’une convention collective ou d’un accord interprofessionnel.

 

En ce qui concerne les heures d’ouverture dans le commerce, l’Union des syndicats demande que :

  • le projet de loi en cours d’instance législative soit amendé afin de maintenir les heures d’ouverture existantes et de limiter la possibilité de leur élargissement à la conclusion d’une négociation collective ou d’un accord interprofessionnel.

 

  1. Niveau du salaire social minimum

Dans le cadre du projet de loi en cours d’instance législative, l’Union des syndicats exige :

  • l’abandon de toute tentative politique de changer la méthode de calcul de l’adéquation du salaire social minimum par rapport au seuil de risque de pauvreté ;
  • une négociation sur l’adaptation du salaire social minimum existant afin qu’il dépasse enfin le seuil de risque de pauvreté ;

 

  1. Réforme des pensions

Dans le cadre de la réforme projetée de notre système de pension, l’Union des syndicats revendique :

  • une négociation à trois sur l’ensemble des pistes contenues dans la note syndicale commune de l’OGBL et du LCGB intitulée « Renforcer la pension légale pour tous : Analyses et revendications syndicales quant à la pérennisation du régime général d’assurance pension.

 

Le front syndical souligne en outre dans sa lettre que le redressement de la situation financière critique de l’assurance maladie-maternité nécessitera également des négociations directes entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

Suite à la participation de plus de 25 000 personnes à la manifestation commune du 28 juin 2025 et compte tenu des 125 000 membres représentés par l’OGBL et le LCGB, les deux organisations demandent enfin au Premier ministre que leur engagement et leur travail quotidien au service des salariés et pensionnés de ce pays soient pris au sérieux et reçoivent le respect qu’il mérite.

Cliquez ici pour voir la lettre adressée au Premier ministre

« Union des syndicats OGBL et LCGB » – La collaboration entre les deux organisations syndicales franchit une nouvelle étape historique

Face à la remise en cause inédite des acquis et droits sociaux des salariés et pensionnés (résidents comme frontaliers) par le gouvernement, les deux syndicats représentatifs au niveau national, l’OGBL et le LCGB, ont décidé d’emprunter de nouvelles voies modernes et de formaliser leur collaboration en créant une structure commune, dont les statuts ont été signés aujourd’hui en présence de la presse.

Dénommée « Union des syndicats OGBL et LCGB », cette structure est désormais le garant d’un front commun contre toute attaque du gouvernement contre les droits et intérêts des salariés et pensionnés.

Elle sera gérée par un conseil d’administration composé paritairement par les deux organisations syndicales et dirigée par deux présidents, dont un représentant le syndicat OGBL et l’autre représentant le syndicat LCGB. L’union sera co-présidée par la présidente de l’OGBL, Nora Back, et le président national du LCGB, Patrick Dury.

L’union a notamment pour objet :

  • la défense des intérêts, droits et acquis des salariés et retraités travaillant ou ayant travaillé au Luxembourg ainsi que de leurs familles,
  • la structuration, de manière proactive, loyale et durable, de la collaboration, de la coopération et de l’échange entre les organisations syndicales OGBL et LCGB,
  • la mise en place d’un secrétariat commun au niveau de l’association,
  • la discussion entre les deux organisations syndicales OGBL et LCGB de tous les sujets d’actualité politique et syndicale relevant d’une importance sectorielle, nationale ou internationale afin de déterminer des positions communes et d’élaborer les prises de position publiques quant à ces sujets,
  • la discussion et la préparation de tous les négociations, pourparlers, consultations impliquant les organisations syndicales au niveau national et international ; l’élaboration de positions communes quant au contenu de ces négociations, pourparlers et consultations,
  • la discussion et la préparation d’éventuelles actions syndicales nationales communes, ainsi que d’une participation commune à d’éventuelles actions syndicales internationales,
  • la résolution, de manière proactive, loyale et durable, de tous les éventuels différends pouvant apparaître entre les deux organisations syndicales OGBL et LCGB ainsi que de leurs représentants respectifs,
  • la préparation commune des élections sociales dans le but d’éviter tout différend entre les deux organisations syndicales OGBL et LCGB.

 

Composition du conseil d’administration 

Le Conseil d’administration est composé de 24 administrateurs dont 50% représentent et adhèrent au syndicat OGBL et 50% représentent et adhèrent au syndicat LCGB.

Les administrateurs représentant l’OGBL :

  1. BACK Nora, co-présidente et membre fondateur ;
  2. BACH Pitt, membre fondateur ;
  3. DE MATTEIS Jean-Luc, membre fondateur ;
  4. ANGEL David, membre effectif ;
  5. DA SILVA Philippe, membre effectif ;
  6. DELLI ZOTTI Sonja, membre effectif ;
  7. EISCHEN Véronique, membre effectif ;
  8. KRIER Frédéric, membre effectif ;
  9. LANDINI Olivier, membre effectif ;
  10. OURTH Patrick, membre effectif ;
  11. PEREIRA Carlos, membre effectif ;
  12. SCHIMOFF Serge, membre effectif.

 

Les administrateurs représentant le LCGB :

  1. DURY Patrick, co-président et membre fondateur ;
  2. KNEBELER Christophe, membre fondateur ;
  3. LOMEL Francis, membre fondateur ;
  4. CABRAL FARIAS Maria Do Rosario, membre effectif ;
  5. CARVALHO MACEDO Maria Helena, membre effectif ;
  6. CONTER Céline, membre effectif ;
  7. DA COSTA GOMES Dani, membre effectif ;
  8. FORNIERI Robert, membre effectif ;
  9. GLOUCHITSKI Paul, membre effectif ;
  10. MENDES Maria, membre effectif ;
  11. MIGEAUX Benoît, membre effectif ;
  12. SAMSON Katja, membre effectif.

 

Rétrospective d’une collaboration inédite 

La collaboration syndicale a débuté en octobre 2024 avec l’attaque gouvernementale contre le droit exclusif des syndicats représentatifs au niveau national de négocier et signer des conventions collectives. Compte tenu de la multiplication des attaques contre les droits et acquis des salariés et pensionnés (travail de dimanche, heures d’ouverture du commerce, salaire social minimum, réforme des pensions), le front syndical OGBL-LCGB a officiellement été constitué en janvier 2025.

Depuis lors, les syndicats coordonnent leurs actions sur les grands dossiers nationaux et communiquent également ensemble sur leurs revendications et démarches.

Lors de leurs congrès nationaux respectifs en février et mars 2025, l’OGBL et le LCGB ont tous les deux unanimement adoptés une résolution d’urgence commune qui stipule notamment : « […] Face à la remise en cause jamais vue de notre État social, fruit du dialogue social tripartite, ainsi que de notre modèle social, garant de la paix sociale au Luxembourg, les syndicats LCGB et OGBL vont structurer et coordonner leurs actions syndicales pour mener un front commun. L’objectif affiché de ce front commun est d’empêcher par tous les moyens nécessaires que les acquis sociaux pour lesquels les syndicats ont lutté et œuvré pendant un siècle ne soient anéantis par une politique gouvernementale qui ne peut être qualifiée que de rétrograde. »

Aujourd’hui, les syndicats représentatifs au niveau national ont franchi une nouvelle étape historique dans la défense des intérêts des salariés et pensionnés avec la mise en place de l’Union des syndicats OGBL et LCGB.

 

Communiqué par l’Union des syndicats OGBL et LCGB, le 20 juin 2025

Remise en cause massive des acquis et droits sociaux au Luxembourg : L’OGBL et le LCGB unissent leurs forces dans un front syndical inédit et appellent à une grande manifestation nationale le 28 juin

Face à la remise en cause inédite des acquis et droits sociaux des salariés et pensionnés (résidents comme frontaliers) par la politique actuelle du gouvernement luxembourgeois, les deux syndicats nationalement représentatifs au Luxembourg, l’OGBL et le LCGB, ont décidé il y a déjà quelques mois d’unir leurs forces dans le cadre d’un front syndical tout aussi inédit et organisent le 28 juin prochain une première grande manifestation nationale à Luxembourg-ville.

Depuis l’entrée en fonction du gouvernement CSV-DP à l’automne 2023, un vent glacial souffle sur le Luxembourg. Si la publication du programme de la nouvelle coalition au pouvoir laissait déjà présager des temps difficiles à venir, les 10 derniers mois auront clairement démontré que le gouvernement actuel a décidé de rompre définitivement avec le fameux modèle social luxembourgeois, aussi bien sur la forme (absence de dialogue social) que sur le fond (mesures au détriment des salariés, des pensionnés et de leurs familles).

Les attaques pro-patronales du gouvernement sur les droits et acquis des salariés et de leurs représentants se sont en effet multipliées au cours des derniers mois : remise en cause frontale des fondements sur lesquels repose la négociation des conventions collectives au Luxembourg et donc des salaires et des conditions de travail en général, projet d’extension de la durée de travail maximale autorisée le dimanche, annonce de libéralisation quasi-totale des heures d’ouverture dans le commerce, menace générale de flexibilisation du temps de travail, tentatives systématiques de contourner les syndicats,…

— Pensions : le gouvernement annonce qu’il faudra travailler plus longtemps

Le 13 mai dernier, à l’occasion du traditionnel discours sur l’état de la nation, le Premier ministre est également venu conforter toutes les inquiétudes exprimées par le front syndical OGBL-LCGB au cours des mois précédents concernant l’avenir du système de pensions au Luxembourg. A l’encontre des intérêts des actuels et futurs pensionnés, le gouvernement a ainsi confirmé son intention de détériorer le système de pensions public et solidaire.

Le gouvernement a ainsi annoncé une augmentation du nombre d’années de cotisation, ce qui signifie concrètement que tout salarié actuel et futur devra travailler plus longtemps. Cette mesure affectera tout particulièrement les jeunes et vient ainsi remettre en question la solidarité intergénérationnelle.

Le gouvernement maintient également les détériorations déjà introduites par la dernière réforme des pensions en 2012, entraînant un risque imminent de dégradation supplémentaire des pensions perçues par les retraités actuels, sachant que le taux de risque de pauvreté dans la vieillesse a déjà doublé en 10 ans.

Le gouvernement compte en revanche promouvoir les assurances-vieillesse privées, en les rendant fiscalement plus attractives pour les personnes fortunées, au détriment donc des finances publiques et du régime général de pensions.

Soulignons également que le front syndical OGBL-LCGB avait avancé dès octobre 2024 toute une série de pistes concrètes visant à générer de nouvelles recettes afin de renforcer le système de pensions public et solidaire (le front syndical a publié une note de plus de 120 pages à ce sujet). Celles-ci n’ont malheureusement jamais pu être discutées sérieusement avec le gouvernement.

— Instrumentalisation de la directive européenne sur les salaires minimaux adéquats et les négociations collectives

Alors que le Luxembourg affiche le taux de « working poor » (travailleurs pauvres) le plus élevé de la zone euro, que l’office nationale de la statistique (Statec) a démontré que le salaire minimum luxembourgeois actuel ne permet pas de vivre décemment au Luxembourg et qu’une directive européenne recommande justement à tous les Etats de faire correspondre leur salaire minimum à 60% du salaire médian national ou bien 50% du salaire moyen (le salaire minimum luxembourgeois en est très loin), le gouvernement envisage de transposer cette directive de façon douteuse. Ainsi, il prévoit d’exclure du calcul des salaires moyens ou médians, les rémunérations des agents de la fonction publique (plus élevées que dans le secteur privé), les heures supplémentaires et les 13ᵉ mois. Le gouvernement semble vouloir instrumentaliser la directive pour freiner l’évolution à venir du salaire minimum.

A cette politique socialement régressive et ce, toujours sous couvert de cette directive européenne, le gouvernement s’attaque frontalement aux négociations collectives. Le gouvernement prévoit à la fois de restreindre le contenu des conventions collectives et de brader le droit de négociation et de signature d’une convention collective en visant systématiquement l’exclusion des syndicats.

A cela s’ajoutent :

  • les discriminations persistantes à l’égard des 230 000 frontaliers français, belges et allemands (47% des salariés au Luxembourg) aussi bien en ce qui concerne la fiscalité, les prestations familiales que l’accès au télétravail ;
  • la décision unilatérale du gouvernement de mettre fin au plafonnement des prix de l’énergie qui a entrainé par endroits des augmentations de plus de 30% ;
  • le risque qui plane sur le système de santé dont une détérioration des prestations est à craindre ou bien encore la chasse aux malades qui s’intensifie sous la pression du patronat ;
  • une remise en question inacceptable du droit de manifester

 

Alors que la crise du logement — qui fait rage au Luxembourg — et l’urgence écologique et climatique sont reléguées au second plan, le gouvernement luxembourgeois préfère s’attaquer aux droits et aux acquis de ceux qui, par leur travail, font avancer le pays.

Le front syndical OGBL-LCGB s’est engagé à empêcher par tous les moyens nécessaires que les acquis sociaux, pour lesquels les syndicats ont lutté et œuvré pendant plus d’un siècle, ne soient anéantis par une politique qui s’annonce désastreuse sur le plan social.

C’est dans ce contexte que l’OGBL et le LCGB organisent le 28 juin une grande manifestation nationale dont le départ est fixé à 11h en face de la gare de Luxembourg-ville.

Communiqué par le front syndical OGBL-LCGB, le 17 juin 2025

Journée de rencontres entre le front syndical et la société civile

Une journée d’échanges et de travail réunissant les syndicats OGBL et LCGB ainsi que plusieurs organisations de la société civile – engagées pour le climat, l’environnement, les droits des personnes migrantes, l’égalité de genre, la culture ou encore la solidarité internationale – s’est tenue le 5 juin à la Chambre des salariés (CSL), sous le mot d’ordre « Proposer, manifester, gagner – Nos alternatives ».

L’objectif de cette journée était de construire des alliances durables entre le front syndical et les mouvements citoyens, afin de faire face ensemble aux attaques du gouvernement contre les droits fondamentaux, les acquis sociaux et le modèle social luxembourgeois.

Les ateliers organisés au cours de la journée ont permis aux participants d’analyser les rapports de force actuels, de partager des expériences de luttes concrètes et de poser les premiers jalons d’une stratégie collective. Onze organisations étaient représentées tout au long de la journée à la Chambre des salariés, témoignant de la diversité et de la richesse des acteurs mobilisés.

Le soir, une table ronde a été organisée avec la participation de Nora Back (OGBL) et Patrick Dury (LCGB) pour le front syndical, Jessica Lopes pour l’ASTI et la plateforme JIF, Jean-Louis Zeien pour l’Initiative pour un devoir de vigilance et Magali Paulus pour CELL. La table ronde a attiré un public d’environ une centaine de personnes. Ce moment d’échange a notamment mis en lumière les nombreuses convergences entre syndicats et associations écologistes, féministes, luttant pour les droits des personnes migrantes et engagées pour la justice sociale.

Les intervenants, tout comme le public, ont partagé le constat d’une situation politique qui s’avère alarmante. Face à une offensive néolibérale qui attaque les droits sociaux, les libertés fondamentales et les conditions de vie des travailleurs, une réponse unie, déterminée et transversale s’impose. Reconnaissant les liens entre les différentes luttes – sociales, écologiques, féministes, pour les droits des migrants ou internationales – les participants ont insisté sur la nécessité de travailler ensemble, au-delà des cloisonnements sectoriels.

En conclusion, les organisations présentes se sont engagées à renforcer leur travail en commun dans les semaines à venir et à se mobiliser ensemble pour la manifestation nationale du 28 juin — une étape essentielle vers la construction d’un contre-pouvoir social large, ancré et offensif.

Communiqué par le front syndical OGBL-LCGB, le 10 juin 2025

 

Le Conseil d’État donne raison au front syndical OGBL-LCGB

Le front syndical OGBL-LCGB prend acte des avis rendus ce 3 juin 2025 par le Conseil d’État concernant les projets de loi visant à libéraliser les heures d’ouverture des commerces et à assouplir le travail dominical tout en affaiblissant la négociation collective.

Cet avis confirme ce que les syndicats dénoncent depuis des mois : ce projet est injustifié, socialement dangereux et juridiquement fragile. Il constitue une attaque directe contre les droits des salariés du commerce, en rupture avec les principes de notre modèle social.

Un projet sans fondement objectif

Dans son avis, le Conseil d’État pointe l’absence totale d’arguments et de données sérieuses justifiant la réforme. Aucune étude, aucun chiffre, aucun rapport indépendant ne vient appuyer les arguments avancés par le gouvernement, qui invoque surtout des formules vagues comme la « modernisation » ou « les attentes des clients ». Le dossier reste cependant muet sur les habitudes de consommation ou l’impact des nouvelles heures d’ouverture sur le comportement des consommateurs.

En outre, le Conseil d’Etat constate également que le projet de loi sur le travail dominical ignore la possibilité de négocier davantage de conventions collectives, comme cela a déjà été fait jusqu’à présent et comme le prévoit la directive européenne sur les salaires minimums adéquats. Il parle même d’une régression sociale dans son avis !

Pour le front syndical OGBL-LCGB, cela confirme que ces deux projets de loi n’ont pas de fondement réel, mais répondent à une logique idéologique de déréglementation au profit des grandes enseignes.

Des conséquences sociales alarmantes

Le Conseil d’État exprime de vives inquiétudes face aux effets concrets de cette réforme :

  • Perte de repères horaires ;
  • Dégradation de la vie privée et familiale ;
  • Hausse des risques pour la santé au travail ;
  • Insécurité pour les salariés quittant leur poste tard le soir ;
  • Déséquilibre concurrentiel entre petits et grands commerces.

Les salariés du commerce — en majorité des femmes monoparentales, souvent à temps partiel —seraient les premiers à en subir les conséquences : journées rallongées, coupures imposées, plannings imprévisibles et épuisement généralisé.

Des dispositions inconstitutionnelles

L’avis du Conseil d’État rejette formellement plusieurs articles du projet de loi :

  • La révision de la liste des activités exclues du champ d’application de la loi, voire la possibilité d’une ouverture illimitée sur base de conventions collectives, viole le principe de légalité ;
  • Le contrôle de cadre légal par l’Administration des douanes n’a aucun fondement juridique ;
  • L’encadrement des sanctions administratives est incompatible avec le droit pénal.

Le texte est donc non seulement néfaste sur le plan social, mais également tellement incohérent qu’il risque de créer des insécurités juridiques.

Une réforme à abandonner, pas à réviser

Le Conseil d’État est sans ambiguïté : ces projets de loi ne peuvent être corrigés à la marge. Ils nécessitent une refonte complète !

Le front syndical OGBL-LCGB exige donc le retrait pur et simple des projets de loi concernant les heures d’ouverture et le travail du dimanche. Pour ce qui est de la réforme des conventions collectives, le front syndical OGBL-LCGB maintient sa revendication visant la convocation d’une tripartite nationale.

Une attaque globale contre les droits des travailleurs

Ces projets s’inscrivent dans un cadre politique plus large de démantèlement des droits et acquis sociaux des salariés :

  • Allongement des journées de travail ;
  • Fragmentation et flexibilisation des horaires ;
  • Travail dominical banalisé ;
  • Réduction des temps de repos ;
  • Affaiblissement des conventions collectives au profit d’accords sans les syndicats ;
  • Menaces contre le droit de manifester ;
  • Et allongement des années de cotisation pour la retraite.

Derrière chaque mesure, une même logique : travailler plus, plus longtemps, avec moins de droits. Pour le front syndical OGBL-LCGB, ce n’est pas un progrès, mais une régression brutale !

Les avis du Conseil d’État renforcent la position syndicale. Mais le ministre de l’Economie a déjà fait savoir par voie de presse que le gouvernement veut continuer de passer ses projets en force.

C’est pourquoi le front syndical OGBL-LCGB appelle à une mobilisation massive le 28 juin à Luxembourg.

Le 28 juin : toutes et tous dans la rue !

Communiqué par le front syndical OGBL-LCGB,
le 5 juin 2025

Fanger ewech vun eise Pensiounen !

Après des mois de pseudo-consultations, et alors que ni les programmes électoraux des deux partis gouvernementaux, ni l’accord de coalition ne le prévoyaient, le Premier ministre a annoncé la semaine dernière une attaque frontale contre notre système de pensions.

Contrairement aux pistes évoquées au cours des longs mois de consultation publique et des travaux en « groupes d’experts », la réforme annoncée repose essentiellement sur un allongement significatif de la durée de cotisation. Cela va non seulement à l’encontre des pistes de réforme élaborées par les syndicats, mais aussi des résultats d’un récent sondage qui montre qu’une majorité soutiendrait plutôt une augmentation du taux de cotisations. Concrètement, cela signifie donc que la très grande majorité des salariés et des fonctionnaires et employés publics actuels et futurs devront travailler plus longtemps pour avoir droit à une pension complète.

Les premiers concernés par ce projet antisocial sont évidemment les jeunes générations. Il s’agit d’une attaque en règle contre toute notion de solidarité intergénérationnelle, pilier fondamental de notre régime public et solidaire de pensions.

Pour le Front syndical OGBL-LCGB, il est inacceptable que le poids principal de cette réforme injuste repose sur les épaules des jeunes, alors même qu’ils subissent déjà de fortes pressions en matière d’emploi, de logement et de pouvoir d’achat et que la réforme de 2012 les pénalisait déjà fortement.

Dans ce contexte, le Front syndical appelle tous les jeunes, mais aussi toutes les personnes solidaires de leurs enfants et petits-enfants à se mobiliser massivement et à participer à la grande manifestation nationale le 28 juin à Luxembourg.

Pendant que la durée des cotisations doit être progressivement augmentée, la pension minimale n’est, elle, pas revalorisée. La pension minimale, qui touche majoritairement les femmes, ne suffit pas à garantir une vie décente au Luxembourg. Cela ne semble pas importuner le gouvernement Frieden.

Le maintien intégral de la réforme de 2012 signifie, quant à lui, que l’ajustement des pensions risque de disparaître — les retraités actuels sont donc, eux aussi, touchés par les annonces faites à l’occasion du discours sur l’état de la Nation.

Enfin, alors que le gouvernement n’avait pas clairement affiché la couleur jusqu’ici et que des représentants des partis de la majorité avaient laissé entendre par moment que la fonction publique serait épargnée, il est désormais clair qu’elle sera tout autant touchée que le régime général.

Il est donc clair également que les salariés du secteur privé et les agents de la fonction publique doivent mener conjointement le combat pour la défense d’un système de pensions public et solidaire, permettant une vie décente et reposant sur la solidarité intergénérationnelle.

En ce sens, le Front syndical OGBL-LCGB tend la main à toutes les organisations et toutes les personnes intéressées et appelle à participer massivement à la grande manifestation nationale du 28 juin.

Communiqué par le Front syndical OGBL-LCGB, le 19 mai 2025

Le Premier ministre persiste et signe : Rendez-vous le 28 juin dans la rue !

Le front syndical OGBL-LCGB a suivi attentivement le discours sur l’état de la nation prononcé le 13 mai 2025 par le Premier ministre Luc Frieden et constate malheureusement que le chef de l’exécutif n’a pas su saisir l’occasion pour désamorcer une fois pour toutes les tensions sociales engagées par son gouvernement au cours des derniers mois. Bien au contraire !

Contrairement à la déclaration du Premier ministre, force est de constater que le dialogue social est actuellement au point mort. Malgré les efforts soutenus du front syndical au cours des derniers mois pour tenter de relancer le dialogue social avec le gouvernement et le patronat, le Premier ministre persiste et signe en ignorant tout simplement les positions des représentants élus des salariés et des pensionnés. Face à l’affirmation du Premier ministre que  le dialogue social n’équivaut pas à une codécision (il est intéressant de noter que le président de l’UEL avait recouru à la même formule quelques heures plus tôt à la radio), les syndicats tiennent à souligner que l’esprit du modèle social luxembourgeois a toujours consisté dans la recherche de compromis entre partenaires sociaux.

Concernant les dossiers litigieux, malgré les multiples mises en garde émises par le front syndical OGBL-LCGB et à l’encontre des intérêts des salariés, le Premier ministre a confirmé la volonté du gouvernement de continuer à suivre l’agenda du patronat, en maintenant ses projets de :

  • remises en cause du contenu des conventions collectives et des prérogatives des syndicats en la matière, revenant à une attaque frontale à l’encontre des conditions de rémunération et de travail de l’ensemble des salariés du Luxembourg
  • libéralisation du travail dominical et des heures d’ouverture dans le commerce, revenant à anéantir toute possibilité pour les salariés concernés de concilier vie professionnelle et vie privée (le Premier ministre semble également ne pas avoir conscience de l’existence d’un lien de subordination entre les salariés et leur employeur, lorsqu’il évoque un soi-disant « choix » ou une prétendue « liberté » du salarié)

Le Premier ministre est également venu conforter toutes les inquiétudes exprimées par le front syndical OGBL-LCGB au cours des derniers mois concernant l’avenir de notre système de pensions. A l’encontre des intérêts des actuels et futurs pensionnés, le gouvernement enisage donc de détériorer notre système de pensions public et solidaire, au lieu de le renforcer. Le Premier ministre annonce ainsi une augmentation du nombre d’années de cotisation.

Concrètement, cela signifie que tout salarié actuel et futur devra travailler plus longtemps. Cela touchera particulièrement les jeunes et remet en question la solidarité intergénérationnelle.

Par contre, une revalorisation de la pension minimale, qui est actuellement largement insuffisante, est exclue et les déteriorations introduites par la réforme de 2012 sont maintenues (risque imminent de réduction, voire de disparition de l’ajustement des pensions et de l’allocation de fin d’année). Par ailleurs, le gouvernement compte promouvoir les assurances privées, en les rendant fiscalement plus attractives pour les personnes fortunées, au détriment des finances publiques et du régime général de pensions. Enfin, dans le cadre de la soutenabilité du système de pensions, le front syndical a avancé toute une série de pistes visant à générer de nouvelles recettes – il s’oppose par contre à celle esquissée par le Premier ministre consistant à détourner la moitié des recettes de la taxe CO2  destinées en principe à des mesures sociales dans le cadre de la transition énergétique.

Au regard des annonces du Premier ministre à l’occasion de son discours sur l’état de la nation, le front syndical OGBL-LCGB maintient évidemment la manifestation nationale prévue le 28 juin et annonce qu’il va intensifier dès à présent sa mobilisation en appelant tous les salariés et pensionnés à y participer massivement.

 

Communiqué par le front syndical OGBL-LCGB, le 13 mai 2025

Le front syndical demande un engagement ferme du ministre du Travail avant toute nouvelle discussion au sein du CPTE

Le ministre du Travail a convoqué une nouvelle réunion du Comité permanent du Travail et de l’Emploi (CPTE) pour le 4 mars 2025, sans toutefois mettre les dossiers actuellement litigieux à l’ordre du jour, en particulier la discussion sur une réforme de la loi sur les négociations de conventions collectives.

Le front syndical OGBL-LCGB tient à faire savoir qu’avant toute nouvelle discussion au sein du CPTE, il demande au gouvernement de garantir le droit de signature et de négociation de conventions collectives des syndicats ayant la représentativité nationale et à s’engager pour que le contenu des conventions collectives (art. L. 162-12 du Code du Travail) ne soit pas restreint.

Dans un courrier adressé le 26 février au ministre, les deux syndicats nationalement représentatifs soulignent qu’ils attendent à ce sujet un engagement ferme et sans équivoque de sa part.

L‘OGBL et le LCGB demandent également au ministre du Travail que plusieurs dossiers d’actualité soient mis à l’ordre du jour des prochaines réunions du CPTE, à savoir :

  • le projet de loi 8479 portant introduction d’une demande en obtention des indemnités de chômage complet en ligne (ce projet n’a pas été discuté au sein du CPTE alors qu’il entre pleinement dans ses missions légales) ;
  • la transposition en droit national de la directive européenne sur le travail des plateformes ;
  • la mise en œuvre de mesures concrètes pour renforcer le dialogue social conformément à l’article 11 de la Recommandation du Conseil du 12 juin 2023 relative au renforcement du dialogue social dans l’Union européenne ;
  • la relance de la commission de suivi de l’ADEM, organe à composition tripartite qui a pour objet d’accompagner et d’évaluer l’accomplissement des missions et tâches confiées à l’Agence pour le développement de l’emploi — cet organe n’a plus été convoqué depuis de nombreuses années ;
  • la nouvelle définition du rôle de l’Inspection du Travail et des Mines (ITM) ;
  • la révision de la législation sur le maintien dans l’emploi ainsi que le plan de maintien dans l’emploi et le plan social afin de mieux garantir la sécurité de l’emploi des salariés.

Communiqué par le front syndical OGBL-LCGB,
le 3 mars 2025

Le front syndical est pleinement solidaire

L’OGBL et le LCGB, constitués en front syndical, souhaitent apporter tout leur soutien aux salariés belges et à leurs syndicats à l’occasion de la mobilisation nationale qui a lieu ce jeudi, 13 février, à Bruxelles.

En effet, les syndicats FGTB, CSC et CGSLB appellent à une grande manifestation contre l’accord de gouvernement de la coalition dite « Arizona » qui prévoit des coupes budgétaires importantes dans les services publics, mais aussi une détérioration du système de pensions et un allongement de la durée de travail, ainsi que des attaques contre le mécanisme d’indexation automatique des salaires.

La politique antisociale et libérale du nouveau gouvernement belge n’est pas sans rappeler certains projets du gouvernement luxembourgeois. Elle s’inscrit par ailleurs dans le cadre d’une vague plus large d’importantes attaques contre les acquis sociaux et contre les droits des salariés qui a lieu à travers toute l’Europe.

Face à ces politiques réactionnaires, les salariés et leurs syndicats doivent se montrer solidaire au-delà des frontières. En ce sens, le front syndical exprime non seulement sa pleine solidarité aux collègues belges, mais souhaite aussi les assurer de son soutien indéfectible dans la lutte qu’ils mènent.

 

Communiqué par le front syndical OGBL-LCGB, le 12 février 2025